Ce projet, cher à Emmanuel Macron depuis 2017, semble à nouveau en péril. La Tribune Dimanche rapporte que le texte a été retiré de l'ordre du jour, signalant ainsi un tournant inquiétant pour l'initiative.
Le Premier ministre Sebastien Lecornu, qui avait exprimé sa détermination à réaliser ce projet en novembre, pourrait se voir contraint de renoncer à cette initiative phare. "Il est invraisemblable que la France ne soit pas capable de proposer une allocation sociale unique", déclarait-il à Albi, mais les obstacles, tant techniques que politiques, n'ont fait que se multiplier depuis.
Des sources informées, comme un proche de Lecornu, ont précisé :
"À ce stade, il apparaît que des éléments doivent encore être travaillés. Le Premier ministre tient vraiment à aboutir à ce texte".Cependant, le temps presse : avec une fin de mandat qui approche et une campagne électorale imminente, les tensions politiques semblent entraver le lancement du projet.
En outre, le Conseil National de l'Habitat a largement rejeté le projet, soulignant les implications négatives possibles. Selon Le Monde, l’idée de regrouper les aides pourrait effectivement créer des perdants, contrecarrant l’objectif d’améliorer la lisibilité des aides sociales.
Les foyers les plus vulnérables pourraient être affectés
Une étude montre qu'une cinquantaine d'euros pourraient être perdus mensuellement par près de 4 millions de ménages, y compris 1,35 million parmi les plus pauvres. Ces pertes ne seraient pas compensées par les 3,77 millions de ménages qui pourraient bénéficier du système, alerte les différentes organisations de lutte contre la pauvreté.
"On ne nous a pas expliqué le mode de calcul", déplore Marianne Louis, directrice générale de l'Union sociale pour l'habitat dans Le Parisien. "Nous n'avons pas eu de simulations complètes".
La gauche se montre également méfiante, menaçant de boycotter la loi si elle venait à être adoptée, tandis que le gouvernement a affirmé ne pas recourir à l'article 49.3 pour ce texte. Cette incertitude, doublée d'un calendrier déjà surchargé, soulève des inquiétudes croissantes parmi les Républicains, qui défendent ardemment cette réforme.
"Il n'y aura plus de temps pour qu'on le fasse", a déclaré un membre du socle commun à La Tribune Dimanche. "Et de toute façon, c'est trop risqué sur le plan politique".







