Annonce de longue date faite par Emmanuel Macron en 2018, la réforme de l'allocation de solidarité unifiée (ASU) continue de subir des delays importants. Néanmoins, l'exécutif insiste sur le fait qu'il n'a pas l'intention d'abandonner le texte.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu « tient beaucoup » à cette réforme, mais il a été confirmé que le gouvernement va procéder à des modifications suite à des retours du Conseil d'État, comme l’a rapporté La Tribune Dimanche. Selon les sources proches du Premier ministre, « le texte fait l'objet d'un travail intense de concertation avec divers acteurs concernés, y compris des associations et des groupes politiques, depuis plus de six mois ».
Cependant, à ce stade des discussions, il est apparu que « certains éléments nécessitent un travail supplémentaire ». « Sur la base des retours du Conseil d'État, le gouvernement a décidé de retirer le texte de l'ordre du jour pour le retravailler avec les parties prenantes », a précisé l’entourage du Premier ministre. Interrogée sur France 3, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a souligné qu'il n'était pas question d'abandonner la réforme. « Le Premier ministre y tient particulièrement. Il est essentiel de continuer à consulter et à échanger, notamment avec les forces politiques », a-t-elle affirmé, notant l'« engagement significatif du gouvernement ».
Initialement promise par Emmanuel Macron en 2018, la fusion des prestations sociales, parfois surnommée allocation sociale unique, avait été relancée par ses prédécesseurs, Michel Barnier et François Bayrou. En février, Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement, avait annoncé que le projet de loi sur l'ASU serait soumis à la chambre basse en mai. Or, il ne sera finalement pas inscrit avant la pause estivale, comme l’a révélé le ministre dans son dernier emploi du temps.
La situation suscite aussi des inquiétudes. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, avait exprimé des préoccupations concernant l'avenir du texte, en particulier en raison des réserves émises par le Conseil d'État, notamment quant à la « libre administration des collectivités ». De plus, les associations engagées dans la lutte contre la pauvreté craignent que la réforme ne conduise à une diminution des aides pour les plus démunis. Le dialogue entre le gouvernement et ces associations sera donc crucial pour la suite des événements.







