Les enjeux environnementaux prennent une tournure préoccupante avec la publication du rapport annuel « Banking on Climate Chaos » par huit ONG. Celles-ci alertent sur la flambée des investissements des banques mondiales dans le secteur des énergies fossiles, qui devraient atteindre 782 milliards d'euros d'ici 2025, marquant ainsi une hausse de 8 % par rapport à l'année précédente, et ce, en dépit des engagements pris lors de l'accord de Paris.
En France, on note que quatre banques majeures – Société Générale, Crédit Agricole, BNP Paribas et BPCE – ont contribué à ce bouleversement avec des financements avoisinant 39,5 milliards de dollars (soit environ 34,2 milliards d'euros). Tandis que trois d'entre elles choisissent de restreindre leurs investissements, la Société Générale, quant à elle, a intensifié son soutien à l'extraction d'hydrocarbures, augmentant son investissement dans la production pétrolière et gazière de 29 % et doublant celui pour les infrastructures de gaz.
Les données du rapport révèlent que l'ensemble des banques, au niveau mondial, a engagé 906 milliards de dollars (782 milliards d'euros) dans l'industrie des combustibles fossiles au cours de l'année précédente, une augmentation notable de 64 milliards de dollars, représentant une hausse d'environ 8 % par rapport à 2024. Ce chiffre souligne que les 65 plus grandes banques de la planète continuent d'entraver les efforts contre le dérèglement climatique, comme le spécifient les rapports de l'ONG Climate Finance Action.
Une situation alarmante dominée par JPMorgan Chase
Selon les ONG, c'est la banque JPMorgan Chase qui se classe première parmi les financeurs mondiaux des énergies fossiles, ayant injeté 58 milliards de dollars dans le secteur, avec une augmentation de 13 % entre 2024 et 2025. Ce seul établissement représente une part étonnante de 4,3 % de l'ensemble des financements bancaires dédiés aux énergies fossiles depuis 2021. Clairement, ignorer la contribution globale des banques traditionnelles serait minimiser l'ampleur du problème, notent les organisations impliquées dans ce rapport.
Le rapport met également en lumière l'existence de douze institutions considérées comme les plus corrompues, responsables de 40 % des financements alloués à ce secteur. Environ 50 % des 906 milliards engagés ont été investis dans de nouveaux projets, une hausse de 27 % par rapport à 2024.
Position de TotalEnergies dans le financement
Il est essentiel de souligner que la politique américaine sous l'administration Trump a exacerbé cette dynamique. En effet, les entreprises américaines dominent largement le classement, avec JPMorgan Chase, Bank of America, et Citigroup parmi les premiers contributeurs. Parallèlement, les principaux groupes français se situent respectivement à la 29e, 30e, 33e et 36e position en matière de financements. TotalEnergies se distingue avec environ 17 milliards de dollars récoltés, presque le double par rapport à 2024.
Cela illustre parfaitement comment les financements des énergies fossiles continuent de croître, malgré les risques environnementaux criants. Les grandes banques injectent ainsi massivement des capitaux dans l'exploitation des énergies non renouvelables, ce qui pourrait compromettre les avancées nécessaires pour combattre les effets du changement climatique, comme reconnu par différents acteurs du monde économique et environnemental.
La situation actuelle soulève de vives inquiétudes alors que depuis l'accord de Paris en 2015, les banques ont injecté près de 7 800 milliards d'euros dans les énergies fossiles, une somme astronomique en dépit des appels répétés à une transition vers des pratiques plus durables.







