Le député européen Raphaël Glucksmann, qui se positionne comme potentiel candidat à la présidentielle, a annoncé dans un ouvrage à paraître ce jeudi sa volonté d'organiser une convention citoyenne sur l'immigration. Selon des extraits diffusés par le Nouvel Obs dimanche dernier, il propose également d’instaurer un service civique obligatoire.
"Au lieu de fuir le débat sur l’immigration, nous devons l’assumer et mettre en place une convention citoyenne", déclare Glucksmann, qui évoque des "citoyens tirés au sort, représentatifs" devant faire face aux enjeux démographiques, économiques et sécuritaires. Cette démarche, qui émane de son livre intitulé Nous avons encore envie (Allary Éditions), vise à rendre le débat sur l’immigration accessible et transparent.
Il souligne que toutes les discussions seront publiques et mèneront à des propositions qui seront soumises au vote au Parlement, instaurant ainsi un dialogue constructif sans tabous sur ce sujet délicat. Les conventions citoyennes, qui ont déjà vu le jour sous la présidence d'Emmanuel Macron pour traiter des questions climatiques et de la fin de vie, ont suscité des idées législatives.
En parallèle, Glucksmann suggère de créer un service civique obligatoire. Celui-ci permettrait aux Français de se rencontrer et de travailler ensemble pour l’intérêt général, tout en contribuant à un "nouveau contrat patriotique". Cette initiative vise à renforcer le lien social dans un contexte de division croissante.
Tout comme ses concurrents à la présidentielle, Gabriel Attal (Renaissance) et Édouard Philippe (Horizons), Glucksmann place l'éducation au cœur de ses priorités. Il s'engage à "revaloriser de manière significative les salaires des enseignants", à "augmenter le nombre de personnels en contact direct avec les élèves", tout en réduisant les postes administratifs. En outre, il milite pour le principe de mixité sociale dans tous les établissements financés par les contribuables, y compris dans le secteur privé.
Face à une situation marquée par une nette diminution des colonies de vacances, qui accueillent aujourd'hui "trois fois moins" de jeunes qu'au début des années 1980, Glucksmann propose la création d'un "passeport pour l'émancipation", garantissant à chaque enfant la possibilité de participer à un séjour collectif.
À travers les quelque 200 pages de son ouvrage, Glucksmann exprime son souhait d'établir un "nouveau contrat social et fiscal" bénéfique pour les travailleurs. Il plaide en faveur d'un rééquilibrage des charges fiscales entre le travail, le capital, ainsi que sur les questions d’héritage, malgré les débats parfois houleux autour de la taxe Zucman, ciblant les très hauts patrimoines.
Il appelle également à une "réforme juste et ambitieuse des retraites" qui prenne en compte les défis démographiques et la pénibilité du travail. Sa vision inclut une "nouvelle révolution industrielle française" orientée vers une transformation écologique, avec l'objectif d’établir la France comme "locomotive de la puissance européenne".
Positionné sur une ligne sociale-démocrate, pro-européenne et écologiste, Glucksmann ne prévoit pas de déclarer officiellement sa candidature avant septembre. Cependant, il souhaite engendrer un mouvement en amont, notamment grâce à ce livre et à un meeting prévu à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) le 13 juin.







