Dans un paisible village de Haute-Marne, un fervent passionné perpétue un art aussi beau qu'exigeant : la fauconnerie. Un parcours où l'humilité et la patience sont les maîtres mots pour apprivoiser les majestueux rapaces.
Aigle royal, hibou Grand-duc, faucon pèlerin… Ici, à la Volière des Templiers, ces volatiles s'entraînent en vue d'une mission bien particulière : l’effarouchement des nuisibles dans les grandes villes. Une méthode naturelle qui privilégie l'instinct prédateur des oiseaux tout en préservant l'équilibre de la faune urbaine.
Eric Graja, fauconnier depuis 2015, a fait de cette passion son quotidien. Responsable des oiseaux pratiquement depuis leur naissance, il raconte : "Actuellement, ils sont en période de mue et restent à la volière. Ce sont des oiseaux sauvages, un peu farouches".
Une complicité doit s’installer entre l’homme et le volatile
La phase de préparation s’appelle "affaitage". Il s’agit d’établir un lien entre le maître et l'oiseau, tout en préservant son esprit de chasseur. Bien plus qu'un simple entraînement, cela requiert une disponibilité quasi totale : "Je passe 80% de mon temps à leurs côtés", confie Eric.
Eric nous explique le processus : "Au début, je les vois dans la volière la nuit, pour qu’ils s’habituent à ma voix. Cela se fait progressivement ; il faut respecter leur rythme".
Chasseur de nuisibles
Les rapaces d’Eric possèdent une ouïe surdéveloppée et une vue perçante, des atouts précieux pour leur mission. Contrairement aux oiseaux de spectacle, ceux-ci sont destinés à la chasse aux nuisibles, que ce soit dans les milieux urbains ou industriels, selon les normes de la fauconnerie traditionnelle.
Avec seulement 800 professionnels et passionnés en France, la fauconnerie a été reconnue par l'UNESCO comme patrimoine immatériel de l'humanité. Ce savoir-faire ancestral mérite d'être préservé. Reportage : J. Tridon, M.-G. Fontant, E. Wunenburger, France 3 Champagne-Ardenne







