Une période sombre s'ouvre à Saint-Céré avec l'annonce, sur les réseaux sociaux, de la fermeture définitive de la Calandreta Esquirol, unique école occitane du département, prévue pour le 3 juillet prochain. Depuis quinze ans, cet établissement a permis à de nombreux enfants d'apprendre la langue occitane. Les membres du bureau ont exprimé leur désarroi en déclarant : "Nous sommes encore sous le choc de cette terrible décision et notre cœur est brisé."
Pour cette dernière année scolaire, vingt-deux élèves, de la toute petite section au CM2, étaient inscrits, bien en-dessous des quarante-cinq de la période pré-COVID. Selon Magali Jayles, co-présidente de l'association, certains parents avaient déménagé pour que leurs enfants puissent bénéficier de cette éducation unique.
Des critères non respectés malgré un grand investissement
La Calandreta Esquirol est une école privée sous contrat avec l'État, soumise à des exigences strictes pour conserver son statut. Parmi celles-ci, une immersion totale en occitan, condition qui n'était plus respectée ces dernières années, selon Magali Jayles. "Il n'y a pas de professeur titulaire parlant occitan dans l'école depuis trois ans", a-t-elle précisé. Au lieu de cela, un nombre croissant de cours n'étaient pas dispensés dans la langue régionale, ce qui a conduit à cette décision difficile.
Magali Jayles souligne également que la recherche d'un enseignant titulaire en occitan est devenue complexe. "C'est une formation exigeante, nécessitant des déplacements dans les écoles Calandreta de la région", admet-elle. De plus, la mise en place d'inspections gouvernementales sur les écoles privées à partir de 2027 a ajouté une pression supplémentaire sur la Calandreta Esquirol. "Sans titulaire, nous risquions la fermeture", a-t-elle affirmé, soulignant que cela aurait été un coup dur pour la culture occitane.
L'impact sur les élèves et l'avenir de l'occitan
Désormais, les vingt-deux élèves seront répartis dans d'autres écoles de la commune, avec quelques possibilités de continuer à apprendre l'occitan. Pourtant, la fermeture de cette école soulève des inquiétudes parmi les parents et les partisans de la culture occitane. "Cela représente un vrai gâchis", déclare Magali, qui précise que cette école était bien plus qu'un lieu d'apprentissage : "C'est un espace de rencontre et de création de liens sociaux."
Malgré les défis rencontrés, il reste un espoir : d'autres établissements Calandreta continuent d'exister. Toutefois, les mesures de contrôle renforcées pourraient entraîner de nouvelles fermetures dans les mois à venir. Cette situation appelle à un débat sur la valorisation et la préservation de la langue occitane, essentielle à l'identité régionale, selon des experts en linguistique contactés par France Bleu.







