Avec le retour du soleil, la saison tant attendue des oursins devrait démarrer ce week-end. Bien que la pêche soit ouverte du 15 février au 16 avril, les facteurs météorologiques et les ressources disponibles inquiètent de nombreux pêcheurs.
Prisonniers des intempéries depuis plusieurs semaines, les pêcheurs pros d'Ajaccio espèrent enfin prendre la mer pour remplir leurs bateaux d'oursins et alimenter les restaurants de la ville. Cependant, l'optimisme est tempéré par l'incertitude des récoltes.
Nicolas Tramoni, jeune pêcheur fraîchement diplômé, partage ses doutes : "On sort d'un long mois de mauvais temps. Maintenant, en fin février, on se prépare à plonger en espérant en trouver, mais où ? La demande est là, mais les oursins, eux, se font rares !" Ses craintes trouvent écho auprès d'autres pêcheurs qui constatent une diminution préoccupante des stocks.
Des quotas en berne
Limité à 500 douzaines par semaine et par bateau, le quota de pêche cette année sera probablement réduit d'au moins une semaine. Les pêcheurs expérimentés rapportent une chute drastique des quantités capturées, témoignant d'une réalité alarmante sur le long terme.
Un pêcheur souligne : "Il y a vingt ans, ces quotas pouvaient être dépassés, mais aujourd'hui, atteindre 500 douzaines par semaine est presque une utopie. Les journées à 100 douzaines sont un exploit, là où nous en faisions le double autrefois". La question de la surpêche est soulevée, touchant aussi bien les professionnels que les plaisanciers sur cette côte où la rédemption des ressources se fait de plus en plus pressante.
Le climat, un facteur clé
François Lunardi, un jeune pêcheur, insiste sur l'impact du climat sur leur activité : "Si la semaine prochaine s'annonce ensoleillée, la suite est peu fiable. On pourrait perdre encore un mois de pêche, ce qui affecte notre activité. Les Ajacciens adorent les oursins, cette période est cruciale pour nous".
Malgré cela, les prix des oursins flambent dans les restaurants, atteignant en moyenne 14 euros la douzaine. La Préfecture de Corse rappelle que la récolte est régulée, limitant à deux douzaines par personne par jour, avec des sanctions en cas de non-respect de ces règles.
Face à ces incertitudes, les pêcheurs d'Ajaccio semblent avoir un avenir instable. Continueront-ils à pêcher les oursins dans un climat variable et face à des ressources mises à mal ? La réponse pourrait bien décider de l'avenir de cette tradition côtière.







