Alors que vous avez enfin trouvé la maison de vos rêves, il est essentiel de se préparer à un chemin semé d'embûches. Actuellement, près de 50% des demandes de crédit immobilier sont rejetées, selon l'association française des intermédiaires en bancassurance (AFIB). La raison principale? Un taux d'usure trop bas qui rend l’accès au crédit de plus en plus difficile.
Qu'est-ce que le taux d'usure?
Le taux d'usure représente le taux maximal auquel les banques peuvent prêter de l'argent. Il inclut non seulement le taux nominal du crédit, mais également divers frais tels que l'assurance, les garanties et les frais de dossier, soit le taux annuel effectif global (TAEG). Si les coûts cumulés dépassent ce plafond, le crédit est considéré comme illégal. Actuellement, le taux d'usure est fixé à 2,57% pour les prêts de 20 ans et plus, et à 2,60% pour ceux de moins de 20 ans.
Comment le taux d'usure est-il calculé?
La Banque de France détermine ce taux en tenant compte des moyennes des taux de crédit effectifs des dossiers acceptés, à cela s'ajoute une marge pour s'adapter aux différents profils des emprunteurs. Ce taux est mis à jour trimestriellement, mais le prochain recalcul n'interviendra pas avant le 1er octobre. La lenteur de cette mise à jour est problématique car elle ne reflète pas la réalité actuelle des taux de crédit.
Les conséquences sur les emprunteurs
Le décalage entre le taux d'usure et les taux de crédit pratiqués crée un « effet ciseau » pour les candidats à un prêt. Par exemple, un taux de 1,80% sur le marché, lorsqu'on prend en compte tous les frais, risque de dépasser le taux d'usure de 2,57%. Cela entraîne des refus de la part des banques, même pour des profils solides. Les plus touchés? Les 30-55 ans, souvent en quête d'une première résidence principale, ainsi que les seniors, qui en raison de leur âge, se voient souvent refuser l'accès à ces prêts.
Face à ces refus, il est conseillé de négocier l'assurance emprunteur hors de la banque prêteuse, mais ce n'est pas toujours suffisant. Attendre la mise à jour du taux d'usure prévue en octobre pourrait offrir plus de possibilités d'emprunt. L'espoir reste que le taux d'usure augmente de 0,20% à 0,25% lors du prochain calcul, apportant ainsi un certain répit aux emprunteurs. Néanmoins, un ajustement exceptionnel pourra être nécessaire pour faire face à la réalité du marché et éviter que la protection des consommateurs ne devienne un obstacle à l'accès au crédit.







