Depuis le vote de la loi anti-gaspillage en 2020, qui vise à réduire de 50 % le gaspillage alimentaire d'ici 2030, des mesures concrètes ont été mises en place pour lutter contre ce fléau. Chaque année, environ 40 % des pertes alimentaires en France proviennent des restaurants, selon l'Agence de la transition écologique (ADEME).
Pour encourager des pratiques plus durables, la loi Agriculture et Alimentation, adoptée en 2018, a rendu le "doggy bag" obligatoire depuis le 1er juillet 2021. Cela permet aux clients de rapporter chez eux leurs restes de repas, notamment de boissons comme le vin ou l'eau. Toutefois, cette pratique doit encore faire ses preuves pour s'imposer dans la culture française.
Le "doggy bag" : un droit, mais pas sans conditions
Instaurée par la loi EGalim, cette mesure oblige les restaurateurs à proposer aux clients la possibilité de conserver leurs restes. Cette loi met en avant des objectifs plus larges, incluant la défense des agriculteurs et la promotion de l'alimentation durable.
Le cadre de cette obligation a été défini par la loi n° 2020-105 du 10 février 2020. Depuis son application le 1er juillet 2021, les clients peuvent demander à emporter leurs restes, sous certaines conditions précises.
Conditions d'utilisation du doggy bag
- Les restaurants ne sont pas tenus de le proposer systématiquement, mais doivent l'avoir à disposition sur demande.
- Les restes de nourriture doivent être placés dans des contenants réutilisables ou recyclables, fournis par le client ou le restaurateur.
De plus, certains aliments à volonté ou des boissons soumises à consigne ne peuvent pas être emportés. Les établissements sont en droit de fixer des conditions d'hygiène strictes pour le nettoyage des contenants.
Une pratique courante ailleurs, mais réservée en France
Malgré l'instauration de cette loi, le "doggy bag" ne fait pas partie des habitudes en France, contrairement à des pays comme les États-Unis. Les clients hésitent souvent à évoquer cette option, la considérant comme inappropriée ou même offensante envers les restaurateurs.
Cette réticence peut également être due à la perception que les restes ne conservent pas leur qualité gustative à la maison. Cependant, une sensibilisation croissante au gaspillage alimentaire et à ses conséquences environnementales pourrait changer cette tendance et encourager l'adoption de cette pratique.
Le gourmet bag : une option à redécouvrir
Introduit depuis 2015 par l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), le "gourmet bag" est une initiative mise en avant par des collectivités pour encourager la lutte contre le gaspillage. Déposé comme marque à l'INPI, son nom vise à donner une image positive à cette pratique, en en éloignant l'association avec la notion de "sac à chien". Il est temps de redonner au doggy bag ses lettres de noblesse en le valorisant comme un geste pour l'environnement.







