Lundi, la sélection du jury pour l'affaire opposant Elon Musk à OpenAI a révélé des sentiments ambivalents à l'égard du magnat. Musk accuse OpenAI d'avoir abandonné sa mission non lucrative, ce qui soulève des questions importantes sur l'avenir de l'intelligence artificielle.
Lors de cette première étape cruciale au tribunal fédéral d'Oakland, presque la moitié des jurés potentiels ont exprimé des doutes sur le caractère d'Elon Musk, cofondateur d'OpenAI en 2015, avant une séparation tumultueuse. Un ingénieur ayant participé à la sélection a exprimé sa frustration, notant : "Un brillant ingénieur, un homme d'affaires de talent, mais ses actions ont souvent été nuisibles à la société".
Un employé municipal d'Oakland a ajouté : "C'est un type controversé, mais je vais essayer de laisser cela de côté lors de mes délibérations". Un citoyen a même qualifié Musk de "raciste et violeur" sur son questionnaire, incitant ses avocats à demander son élimination.
Malgré les critiques, certains jurés possèdent des voitures Tesla et louent leur performance. Un électricien indépendant a déclaré : "Sur le plan politique, je ne l'apprécie pas, mais dans le domaine technologique, il est indéniablement compétent".
Finalement, neuf jurés ont été choisis pour donner un avis consultatif, mais c'est la juge fédérale Yvonne Gonzalez Rogers qui rendra le verdict final.
Musk allègue que Sam Altman, le patron actuel d'OpenAI, et d'autres ont trahi l'objectif initial de la start-up, l'ayant transformée en un mastodonte commercial d'une valeur de 852 milliards de dollars. La magistrate devra déterminer si OpenAI a effectivement délaissé sa mission philanthropique, si elle s'est enrichie de manière injuste, et si ses alliances stratégiques avec Microsoft enfreignent les lois antitrust.
Le procès soulève une question cruciale : qui doit gouverner l'IA et dans quel but ? Alors que l'affrontement entre Musk et Altman s'intensifie, des manifestants anti-Musk ont exigé un changement, brandissant des pancartes indiquant que, quel que soit le gagnant, le public en sortira perdant.
Les débats, prévus pour s'étendre sur quatre semaines, débuteront mardi avec des témoignages très attendus, notamment ceux de Musk, de Satya Nadella (patron de Microsoft) et de Sam Altman. Ce dernier était présent durant la sélection des jurés.
Musk a réagi par le biais de son réseau social, disant : "J'aurais pu faire d'OpenAI une entreprise lucrative. J'ai choisi de la fonder pour le bien commun".
Musk réclame un retour à un statut non lucratif pour OpenAI, condition sine qua non à son éviction d'Altman et à la rupture des liens avec Microsoft. OpenAI conteste cette position, arguant que Musk, avec sa volonté de contrôle absolu, avait anticipé le pivot commercial de l'entreprise.
Cette affairé est marquée par des motivations personnelles selon OpenAI, qui accuse Musk de jalousie et de vouloir ralentir un concurrent, en référence à son nouveau projet d'IA, xAI, récemment intégré à SpaceX, qui se prépare à une introduction en bourse majeure.
Alors que Musk a investi 38 millions de dollars à ses débuts et réclame aujourd'hui des réparations s'élevant à 134 milliards de dollars, la juge a exprimé son scepticisme quant à cette demande extravagante, décidant de se prononcer sur d'éventuelles compensations indépendamment du jury.
Si Musk a réussi à initier ce procès, il aborde la bataille avec un désavantage : la limitation du jury à un rôle consultatif et le refus de la juge d'accéder à plusieurs requêtes qui auraient favorisé sa position.







