Ce mercredi, un jeune homme de vingt ans et trois adolescents, âgés de 16 et 17 ans, ont été mis en détention à Paris dans le cadre d'une enquête sur une tentative d'attentat contre la succursale française de Bank of America. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a indiqué que ce projet semble être lié au groupuscule connu sous le nom de Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya (Hayi), même si les preuves formelles n'ont pas encore été établies.
Ce groupuscule a récemment revendiqué plusieurs actes d'agression contre des communautés juives en Belgique, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas. La tentative d'attentat a été stoppée ce week-end, et selon le Pnat, le jeune majeur aurait « recruté » les adolescents pour placer un engin explosif artisanal devant la banque.
Le suspect principal est accusé d'avoir promis une rémunération allant de 500 à 1 000 euros en échange d'une vidéo de l'explosion. Son avocat, Nicolas Brillatz, n'a pas souhaité faire de commentaires pour le moment.
Les adolescents, impliqués dans une première tentative d'attentat, ont été interceptés avant de pouvoir mener à bien leur plan. Deux d'entre eux ont été appréhendés au moment de tenter d'allumer le dispositif explosif, qui aurait pu générer une « forte boule de feu » et provoquer un incendie, selon le Pnat.
Chronologie des événements
Lors de l'interpellation, l'un des adolescents, âgé de 17 ans, a été surpris en train de déposer l'engin explosif. Ses avocats, Raphaël Kempf et Romain Ruiz, ont critiqué la communication du Pnat, qui aurait partagé des détails du dossier avec la presse avant que les parties concernées aient pu en prendre connaissance.
Un autre adolescent, qui était chargé de filmer le moment de l'allumage, a réussi à fuir, mais a été capturé le lendemain. Les avocats du jeune suspect de 17 ans affirment qu'il n'existe aucune preuve de son intention de commettre un acte terroriste, soulignant ses antécédents scolaires positifs.
Le groupe de suspects provient de Montreuil, en Seine-Saint-Denis, et ont déclaré avoir été soumis à des pressions par le jeune majeur pour mener à bien cette action. Le principal suspect a quant à lui clamé qu'il agissait par « vengeance personnelle » pour un individu non identifié, prenant des directives d'une source extérieure.
Contexte légal et implications
Les quatre individus sont poursuivis pour diverses infractions, dont la fabrication, la détention et le transport d'un engin explosif, en lien avec une entreprise terroriste. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a évoqué un possible lien avec l'Iran, suggérant que des intermédiaires européens pourraient avoir été impliqués dans le recrutemment de ces jeunes pour mener de telles actions.
Cette affaire s’ancre dans un contexte plus large d’activités terroristes, en lien avec des groupes soutenus par l’État iranien, dont les répercussions se font sentir en Europe depuis quelques années. La Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a souligné des menaces croissantes à partir de 2015 liées à de telles organisations.







