Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique, a été l'invité de l'émission "Tout est politique" le 25 mai. Dans le cadre de cet entretien, il a discuté de l'appel récent de Moscou demandant aux diplomates et aux ressortissants étrangers de quitter Kiev.
Tertrais souligne que ce discours reflète plus une faiblesse qu'une force de la part de la Russie.
Le livre "Géopolitique de Comptoir" de Tertrais, publié aux éditions Eyrolles, visait à déconstruire certaines idées reçues sur la situation internationale, notamment en ce qui concerne la Russie et l'Ukraine. Selon lui, il est inquiétant d'entendre des discours insinuant que les agissements en Ukraine seraient en partie la faute des pays occidentaux. Ce type de propos contribue à réécrire l'histoire en inversant les responsabilités, ce qu'il considère comme totalement fallacieux.
Lorsqu'on aborde l'idée que les Russes seraient les victimes et les Ukrainiens les agresseurs, Tertrais explique que cette perception résulte tant d'un manque d'information que d'une reprise de narrations idéologiques. Il précise que certains perçoivent sincèrement cette interprétation, tandis que d'autres, en connaissance de cause, propagent des mensonges pour des raisons politiques ou idéologiques. Cela est amplifié par les réseaux sociaux, qui facilitent la diffusion de ces idées trompeuses.
Concernant l'appel de Moscou aux étrangers, Tertrais constate que cela s'inscrit dans une stratégie plus vaste de terroriser non seulement les Ukrainiens, mais également les Occidentaux. Toutefois, il souligne que cette manœuvre pourrait témoigner d'une certaine faiblesse de l'État russe, son armée étant visiblement en difficulté sur le terrain, perdant du territoire et rencontrant des problèmes de recrutement. En ce sens, les menaces de la Russie semblent davantage désespérées qu'efficaces.
Sur la question de la désinformation et des réseaux sociaux, Tertrais insiste sur le fait que, bien que les régimes autoritaires exploitent habilement les faiblesses des sociétés démocratiques, ils sous-estiment également la résilience et la détermination des pays occidentaux. Il met en avant l'étonnement qui pourrait avoir saisi le Kremlin devant la résistance ukrainienne et le soutien militaire croissant de l'Europe aux côtés des États-Unis.
Pour une analyse complète, n'hésitez pas à visionner l'entretien dans son intégralité.







