Du 12 au 19 juin 2026, le salon Eurosatory, le rendez-vous international de l'armement, se tient près de Paris, attirant ministres et candidats à la présidentielle. Bien que des accords entre les États-Unis et l'Iran aient été annoncés, le climat reste tendu, surtout à cause de l'agression persistante de la Russie.
Cette année, le salon a connu un succès incroyable, affichant 30% d'exposants en plus par rapport à 2025, avec près de 2.600 entreprises participant. Cette affluence témoigne d'une réalité préoccupante : la menace militaire plane toujours, et l'avenir semble incertain.
Pour la prochaine édition, l'Ukraine sera mise à l'honneur. Le pays, qui résiste toujours à l'invasion russe, devient une source d'inspiration pour d'autres nations. En effet, 80 entreprises ukrainiennes seront présentes, contre seulement dix l’an passé. De plus en plus de pays se tournent vers Kiev pour acquérir des techniques de fabrication d'équipements militaires abordables et opérationnels.
Un drone intercepteur ukrainien coûte entre 1.000 et 4.000 euros
Un drone intercepteur ukrainien coûte entre 1.000 et 4.000 euros, alors que les drones d'attaque Shahed, conçus par les Iraniens, coûtent de 25.000 à 40.000 euros chacun. En comparaison, les missiles du système Dôme de fer en Israël se chiffrent entre 50.000 et 100.000 euros. C'est donc sans surprise que les armées sont attirées par la solution ukrainienne, qui offre des systèmes 25 à 50 fois moins coûteux.
Dans le même temps, les budgets militaires mondiaux explosent. Ils s'élevaient à 2.718 milliards de dollars en 2024, soit environ 2,6% du PIB mondial, mais ont connu une augmentation phénoménale de 37% en dix ans, un phénomène jamais vu depuis 1990.
A cette aune, les entreprises du secteur s’adaptent en produisant des armes en quantité et à faible coût. Des startups militaires, comme Harmattan AI, émergent, utilisant l'IA pour réduire les dépenses et améliorer la fiabilité des drones.
Par ailleurs, la société Delair, basée à Toulouse, qui produisait 80% de son stock de drones pour le civil en 2020, a opéré un virage stratégique et fabrique désormais 80% de ses appareils pour l'armée. Ce tournant marque véritablement l'entrée de la France dans une ère d'économie de guerre.







