Face aux manifestations croissantes à Minneapolis, l'administration Trump évoque l'Insurrection Act, une législation datant de 1807 qui permet au président de déployer des forces militaires pour faire face à des troubles civils. Cette loi, principalement conçue pour les cas d'insurrection, constitue une dérogation à l'interdiction générale d'utiliser l'armée pour des opérations de police intérieure.
En cas d'activation de cette loi, le président peut faire appel à des troupes fédérales ou fédéraliser la Garde nationale, et ce, sans le consentement des autorités locales. Les troupes pourraient alors participer à des opérations de maintien de l'ordre, effectuer des arrestations et sécuriser des sites stratégiques, transformant ainsi le paysage urbain de Minneapolis en un terrain militarisé.
Une voie historique rarement empruntée
L'Insurrection Act a été mobilisée environ 30 fois au cours de l'histoire des États-Unis, notamment durant des périodes de troubles significatifs, comme les émeutes de Los Angeles en 1992 après le verdict sur l'affaire Rodney King. Cependant, son utilisation reste controversée, souvent réservée aux situations où les forces locales sont incapables de gérer l'ordre public. Des juristes, comme Richard H. Pildes, soulignent que son invocation devrait être considérée avec prudence, car elle peut contribuer à une escalade des tensions.
Si l'administration procédait à son déploiement, la présence de troupes fédérales serait immédiate, ce qui pourrait engendrer une réaction négative de la part des habitants et des autorités locales. Le gouverneur du Minnesota a déjà exprimé son opposition à une telle mesure, invoquant des préoccupations concernant les droits civils et la nature de la réponse à des manifestations majoritairement pacifiques.
Des organisations comme l'ACLU critiquent vivement cette menace, arguant qu'elle menace les libertés fondamentales, notamment le droit de réunion pacifique et la liberté d'expression. Lorrayne Jones, analyste des politiques à la National Urban League, souligne que l'utilisation de l'armée pour des troubles internes envoie un message alarmant dans une démocratie.
À ce moment critique, il est essentiel de surveiller l'évolution de la situation à Minneapolis. Quelles que soient les décisions prises, elles auront sans aucun doute des répercussions profondes sur le paysage politique et social des États-Unis, alors que la nation se débat avec des questions de justice raciale et de la relation entre les forces de l'ordre et les communautés.







