Dans le cadre de sa série d'analyses pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026, ICIRCFM met en lumière la question du logement, un sujet primordial après ceux de la sécurité et de la mobilité.
Le logement constitue une problématique interconnectée sur laquelle les maires ont un espace d'action significatif. Tous les candidats s'accordent sur la nécessité d'une action urgente. La situation en Corse, marquée par un solde migratoire attractif, voit une démographie dynamique, avec un tiers de ses résidences étant des résidences secondaires, qui peuvent atteindre 80% dans certaines communes touristiques. Selon des données récentes de l'INSEE, 40% des propriétaires en Corse n'y résident pas, certains optant pour la location de leurs biens sur des plateformes comme Airbnb. Pourtant, paradoxalement, la Corse reste la région la plus pauvre de France.
Ce constat souligne la spéculation foncière en cours, la raréfaction des logements disponibles et l'augmentation des prix, tant à l'achat qu'à la location. Ces facteurs sont en partie responsables de la baisse de la population dans certaines villes comme Porto-Vecchio.
Moyens municipaux
Pour répondre à cette crise, la loi Le Meur permet aux municipalités de limiter le nombre de résidences secondaires, un dispositif déjà appliqué par la mairie de Bonifacio. Les Plans Locaux d'Urbanisme (PLU) se révèlent également cruciaux pour gérer l'utilisation du foncier, bien que seulement 60 des 360 communes de l'île possèdent un PLU, souvent complexe à établir et sujet à controverse.
Les deux grandes villes, Ajaccio et Bastia, cherchent à réglementer la prolifération des meublés de tourisme, tout en misant sur l'accession sociale à la propriété. Plus de 45 000 logements ont été construits en Corse ces dix dernières années, dont la moitié en tant que résidences principales.
Ajacciens et Bastiais "de souche" au cœur des préoccupations
De nombreux candidats souhaitent réserver les logements, notamment sociaux, aux résidents de leurs communes. Cette préoccupation est exacerbée par les longues listes d'attente pour ces logements dans certaines villes. Particulièrement, l'extrême droite préconise de donner priorité aux Ajacciens et Bastiais "de souche". Ce discours a trouvé soutien parmi la droite et les nationalistes.
Cependant, cette idée soulève des questions légales, car la notion de résident local n'est ni définie ni réglementée en France. Alors que les acteurs politiques misent sur une accession au pouvoir en 2027 pour introduire une préférence nationale, la réalité démographique rend cette exigence problématique pour l'avenir.







