Le lampyre à corselet marqué (Photinus signaticollis), également connu sous le nom de luciole sud-américaine, représente un véritable défi pour les écosystèmes en raison de son comportement ravageur ciblant les précieuses populations de vers de terre. Ne vous laissez pas séduire par son vol bioluminescent, rappelant la magie des lampyres traditionnels tels que Lampyris noctiluca. Cet insecte, bien que fascinant, est bien plus qu'un simple spectacle nocturne.
Caractéristiques du lampyre à corselet marqué
Originaire d'Amérique du Sud, principalement de l'Uruguay et de l'Argentine, le lampyre à corselet marqué appartient à l'ordre des coléoptères et à la famille des Lampyridae. Ce coléoptère élancé, mesurant environ 1,5 cm de long, arbore une couleur gris-brun avec des variations notables. Ses antennes noires, sa forme étroite et son prothorax dépouillé complètent son allure distinctive : une tache noire marquée d'une ombre rosée se trouve au centre d'un prothorax jaune clair, tandis que l'abdomen brun est orné d'anneaux lumineux jaunes.
Le dimorphisme sexuel est observable sur les ventres, où le mâle exhibe deux anneaux lumineux, tandis que la femelle n'en présente qu'un, plus petit. Contrairement à certaines autres lucioles, les femelles de Photinus signaticollis peuvent également voler, ce qui est un avantage considérable pour leur survie et leur reproduction.
La saison de bioluminescence s'étend de juin à novembre, lorsque les mâles et femelles se livrent à des parades nuptiales spectaculaires peu après le coucher du soleil. Après l'accouplement, la femelle devient moins encline à voler, car elle transporte ses œufs, mais reprendra son envol à mesure qu'elle se déleste de son fardeau, permettant ainsi une dissémination de l'espèce.
Un potentiel envahissant à surveiller
Repéré pour la première fois en Espagne en 2018, le lampyre à corselet marqué pourrait avoir traversé l'Atlantique via des importations de plantes exotiques. En France, son apparition a été enregistrée en 2020 dans les Pyrénées-Orientales, et il a depuis conquis une part grandissante de la région sud-est, avançant à un rythme estimé à 10 km par an. Bien que cette progression ne soit pas aussi effrénée que certaines espèces envahissantes, une attention particulière est requise pour surveiller son impact sur la biodiversité locale.
Des chercheurs, comme Marcel Koken du CNRS, ont collaboré avec des scientifiques de l’Université Complutense de Madrid pour étudier ce phénomène. Une étude parue en janvier 2022, intitulée Quick Spreading of Populations of an Exotic Firefly throughout Spain and Their Recent Arrival in the French Pyrenees, souligne l'importance de surveiller la propagation de cette espèce.
Pour impliquer le public, l'Observatoire des vers luisants et lucioles a mis en place une initiative participative permettant aux citoyens de signaler leurs observations via un formulaire en ligne.
(Crédit photos : Lucas Rubio — inaturalist.org - CC BY 4.0)







