la bonne question. Métro, boulot, dodo… Entre les obligations professionnelles et le rythme effréné, la pause déjeuner devient souvent sacrifiée. Pourtant, ce moment est essentiel pour le bon fonctionnement de notre organisme. Quelle est alors la durée idéale pour en tirer tous les bénéfices ? Trois spécialistes apportent des éléments de réponse.
Selon un rapport parlementaire récemment révélé par The Guardian, des députés anglais proposent de porter la durée de la pause déjeuner à 75 minutes pour les écoliers. Actuellement fixée à 55 minutes, cette durée serait insuffisante, affectant négativement la concentration et le bien-être des élèves. Les travailleurs adultes, quant à eux, devraient-ils adopter une approche similaire ?
au moins 30 minutes de pleine conscience avec son assiette
En France, le Code du travail stipule qu'un salarié travaillant plus de six heures doit bénéficier d'une pause d'au moins 20 minutes (article L3121-33). Ce temps de pause est souvent jugé trop court, notamment par le Dr Jean-Michel Lecerf, médecin nutritionniste à l'Institut Pasteur à Lille. Il souligne qu'un repas rapide ne permet pas au corps de déclencher les mécanismes de rassasiement. Il faudra environ 30 minutes pour ressentir la satiété et éviter les excès alimentaires.
Il est intéressant de noter qu'en l'espace de 44 ans, la durée de la pause déjeuner a chuté de 1h38 en 1975 à seulement 38 minutes en 2019, selon une étude CRISCO/Cervia. Cette évolution s'explique par l'adaptation à un mode de travail plus rapide, souvent au détriment d'un repas équilibré.
l'importance de la qualité des échanges
Les experts s'accordent à dire que la pause déjeuner est aussi une occasion d'échanger. Selon Adrien Chignard, psychologue du travail, la convivialité durant le repas est cruciale. En effet, partager un déjeuner avec ses collègues renforce les liens et favorise le bien-être psychologique. Une étude du Massachusetts Institute of Technology révèle même que les employés qui dînent ensemble tendent à être plus productifs l'après-midi.
Cependant, le déjeuner solitaire n'est pas rédhibitoire. Tout dépend de l'environnement de travail. Un salarié dans un open-space bruyant pourrait apprécier un moment de solitude, tandis qu'un autre, isolé dans un bureau, sera stimulé par des échanges sociaux. Dans tous les cas, le moment du déjeuner devrait permettre une rupture avec le tumulte du travail pour restaurer l'attention.
optimiser sa pause avec un moment de ressourcement
Pour maximiser le bien-être pendant le déjeuner, il est conseillé de prendre quelques minutes après le repas pour se ressourcer. Une courte marche, un café ou une mini-sieste de 15 minutes peuvent considérablement améliorer la vigilance et la productivité. Le Dr Lecerf précise que la digestion engendre une fatigue naturelle, et se reposer brièvement peut réellement dynamiser les performances post-repas.
Ainsi, peu importe la durée de votre pause, l'essentiel est de se concentrer sur le plaisir de manger et sur nos propres besoins. En adoptant une approche consciente et sereine, même 20 minutes peuvent devenir un moment de flot, où l'on perd la notion du temps tout en savourant pleinement son repas.







