Vous êtes membre d'une société civile immobilière (SCI) et désirez céder vos parts sociales pour transmettre une partie de votre patrimoine ? La procédure, bien que rigoureuse, est accessible à condition de suivre les bonnes étapes. Voici un guide en trois phases pour réussir votre cession.
Phase 1 : Déterminer le prix de vente
Au sein d'une SCI, vous pouvez librement choisir le prix de vente de vos parts sociales. Toutefois, si vous vendez à un tarif manifestement en dessous de la valeur réelle, cela pourrait être requalifié en donation par l'administration fiscale, engendrant des droits de mutation.
Il est donc crucial de fixer un prix juste, basé sur une estimation précise qui respecte les intérêts de toutes les parties impliquées. Si besoin, il est pertinent de faire appel à un expert pour évaluer le prix de vente, surtout en cas de désaccord.
La valeur d'une SCI se dit correspondre à son résultat financier au moment de la vente : la valeur de ses actifs immobiliers et de sa trésorerie déduite de ses dettes. Par exemple, une SCI disposant d'immeubles valant 500 000 euros et une dette de 10 000 euros est évaluée à 490 000 euros. Si un associé possède 20 % des parts, il peut donc proposer un prix de 98 000 euros pour sa cession.
À noter : il est également possible de signer une promesse de cession sous conditions suspensives, par exemple en cas d'agrément des associés ou de travaux nécessaires.
Phase 2 : Obtenir l'agrément des associés
Les statuts de la SCI peuvent inclure un droit de préemption, vous obligeant à proposer vos parts aux autres associés en premier lieu. Si aucun d'eux n'est intéressé, vous pouvez alors envisager de céder à un tiers.
Cette cession doit suivre la « procédure d'agrément », comprenant :
- Notification de la cession : l'associé cédant doit informer la SCI de son intention par lettre recommandée ou par voie d'huissier, en précisant le prix et l'identité de l'acquéreur.
- Convocation d'une Assemblée Générale Extraordinaire (AGE) : le gérant doit convoquer les autres associés dans les 8 jours suivant la notification.
- Réunion de l'AGE : pendant cette assemblée, les associés votent pour accepter ou refuser la cession, suivant les modalités définies dans les statuts.
- Agrément : si la cession est acceptée, l’acte doit être remis au gérant ; en cas de refus, celui-ci doit en informer le cédant.
À noter : un refus de l’agrément entraîne une obligation de rachat des parts par les associés dans un délai de 6 mois.
Phase 3 : Finaliser les formalités administratives
La cession doit être formalisée par un acte écrit, qui peut être authentique ou sous seing privé, conformément à l’article 1865 du Code civil. Après cela, il est nécessaire d'enregistrer cette cession auprès des instances compétentes.
1. Publication d'une annonce légale: Elle est obligatoire pour rendre la cession opposable aux tiers. Cette annonce doit contenir plusieurs informations, notamment :
- Dénomination sociale et forme juridique de la SCI.
- Montant du capital social.
- Adresse du siège de la SCI et numéro de RCS.
- Date du procès-verbal et date d’entrée en vigueur de la cession.
- Identités du cédant et du cessionnaire.
2. Enregistrement au greffe: La cession doit être enregistrée auprès du greffe du tribunal de commerce, ce qui engendre un changement dans les statuts de la SCI. Lors de cette opération, il faudra fournir divers documents :
- Formulaire M2 pour la modification d’une personne morale.
- Copie du procès-verbal de décision.
- Acte de cession des parts sociales.
- Copie actualisée des statuts.
- Attestation de parution au JAL.
3. Notification à l’administration fiscale: C'est au cessionnaire qu’appartient de déclarer la cession sous un mois, entraînant le paiement de droits d’enregistrement de 5 % du montant de la vente, sous réserve d’un abattement.







