Les consommateurs français ont été frappés par une hausse significative de leurs factures de gaz, doublant en l’espace de neuf ans. Selon une étude du comparateur Selectra, ce phénomène est le résultat d’une combinaison de facteurs politiques, économiques et internationaux qui affectent directement le pouvoir d’achat des ménages.
Bien que les prix du gaz aient récemment connu une tendance à la baisse, notamment sur les marchés de gros, cela n'a pas suffi à compenser l’augmentation globale des factures. En effet, entre janvier 2016 et septembre 2025, le montant des factures a connu une hausse notable, atteignant jusqu’à 1511 euros pour un foyer consommant 11 200 kilowattheures annuellement, contre seulement 747 euros en 2016. Cette augmentation de 102% est largement attribuée à l'impact des taxes.
Une explosion des coûts due aux taxes
Maxime De la Raudière, directeur général délégué de Selectra, explique que l'augmentation des taxes, en particulier l'accise, a été déterminante. Après l’introduction d’un bouclier tarifaire par le gouvernement, destiné à protéger les consommateurs, celles-ci ont commencé à grimper pour compenser les pertes. En janvier 2024, l'accise, qui remplace la TICGN, a presque doublé, passant de 8,37 euros à 16,37 euros par MWh.
En effet, il est à noter que les taxes et coûts de distribution constituent la majorité de la facture, puisque le gaz ne représente qu'environ deux tiers des coûts totaux. Selectra met en lumière que bien que la crise énergétique ait initialement fait grimper les prix, les taxes et les coûts structurels sont désormais les principaux responsables de l'explosion des factures.
Coûts structurels en hausse
Entre 2016 et 2025, les taxes sur le gaz ont augmenté de 155%, tandis que les frais d'acheminement et d'entretien du réseau ont également augmenté de 40%, rendant la situation financière encore plus difficile pour les consommateurs. Ces frais fixes, qui touchent un nombre de consommateurs en baisse, entraînent une facture plus lourde pour chaque foyer.
Il est essentiel de noter que, paradoxalement, la fiscalité actuelle favorise encore le gaz. Actuellement, les consommateurs paient 30 euros de taxes pour un mégawatt d'électricité contre seulement 16,37 euros pour le gaz. Cette disparité soulève des questions sur les politiques fiscales et sur leur efficience pour encourager une transition vers des alternatives plus durables.







