Il y a des fois où l’injustice est la meilleure des pédagogies
L'injustice peut parfois être un moteur d'apprentissage. Une scène emblématique du film L'Enfant sauvage de François Truffaut illustre ce point. Un médecin s'efforce de civiliser un jeune garçon sauvage nommé Victor. Au moment où le docteur lui demande de répondre à une question mathématique simple, la situation prend une tournure inattendue. Bien qu'il réponde correctement, il reçoit une gifle inattendue, le laissant perplexe et fâché.
C'est un peu ce que j'ai ressenti avec Gauthier, mon cher steward, qui me conduit vers des destinations inattendues en France. La dernière fois, j'ai eu un jugement sévère sur ses choix de restaurants, pensant qu'ils étaient un peu trop conventionnels. Instantanément, une réservation a été faite dans un petit village, Saint-Julien-du-Sault, près de Sens. Après un verre de vin au Café de la Gare, dirigé par le charismatique Francis Blanche, nous avons plongé dans l'atmosphère paisible du village.
À 19 h 30, nous avons découvert un charmant relais de poste rénové par un homme remarquable, François-Pierre Lobies, ancien imprimeur au style raffiné. Il a déniché un jeune chef talentueux, Keigo Kimura, un spécialiste qui élève la cuisine à un niveau artistique. Son approche moderne promet de surprendre les clients.
Dès notre arrivée, il était clair que le choix du steward était judicieux. Le diner promettait d’être mémorable. Le menu à 25 euros incluait un apéritif avec une gougère chaude, suivi de poireaux tièdes et de saint-jacques. En prime, nous avons eu droit à un plat du jour : un lièvre à la royale version cannelloni, accompagné de girolles parfaitement cuites, une véritable prouesse culinaire. En guise de dessert, une tarte aux pommes avec une boule de glace à la vanille finalisa notre repas. C'était sans conteste l'affaire de l'année.
Les Bons Enfants, 4, place de la Mairie, 89330 Saint-Julien-du-Sault (03 86 91 17 38).







