L'Insee publie sa photographie des rémunérations dans le secteur privé pour 2024 : le salaire net moyen d'un emploi à temps plein atteint 2 733 euros par mois. Ce chiffre moyen masque cependant une distribution très inégale des revenus, qui place la moitié des salariés en dessous de 2 190 euros mensuels.
Les chiffres clés et ce qu'ils signifient
Au-delà de la moyenne, quelques repères aident à situer sa rémunération : la médiane à 2 190 € indique que 50 % des salariés touchent moins que ce montant. Le 10e centile est situé autour de 1 492 €, soit un niveau proche du Smic pour les plus bas salaires, tandis que les 10 % les mieux payés gagnent plus de 4 334 € et les 1 % les mieux rémunérés dépassent 10 261 €.
En termes réels (corrigés de l'inflation), le salaire net moyen progresse de 0,8 % par rapport à 2023, après une baisse de 1 % l'année précédente. Cette évolution s'explique en partie par le ralentissement de l'inflation, qui a réduit l'érosion du pouvoir d'achat et permis une légère reprise des salaires en termes de pouvoir d'achat.
Variations selon catégories socioprofessionnelles et secteurs
La progression des salaires n'est pas uniforme. En 2024, la hausse atteint 1,1 % pour les ouvriers, 0,4 % pour les employés et seulement 0,1 % pour les cadres. Les professions intermédiaires enregistrent une légère baisse de 0,1 %. Ces différences traduisent des dynamiques variées selon les métiers, la négociation collective et la demande de main‑d'œuvre.
Par secteur, les écarts restent marqués : les services financiers (environ 4 123 €) et l'information‑communication (environ 3 853 €) affichent les niveaux moyens les plus élevés, en lien avec la forte présence de cadres. Viennent ensuite l'industrie (3 021 €), le tertiaire (2 705 €) et la construction (2 411 €). Les métiers de l'hébergement‑restauration figurent parmi les plus faiblement rémunérés, autour de 1 979 € net par mois.
Inégalités persistantes et perspectives
Les disparités hommes‑femmes demeurent une réalité structurelle : en 2024, à temps de travail comparable, les femmes gagnent en moyenne 13 % de moins que les hommes. Cet écart s'explique par la concentration des femmes dans des métiers moins rémunérateurs et leur moindre représentation aux postes les mieux payés, même si l'écart a diminué de 5,1 points sur dix ans.
Au‑delà des chiffres, l'analyse souligne plusieurs leviers d'action possibles pour réduire les inégalités et soutenir le pouvoir d'achat : renforcement des négociations salariales collectives, politiques publiques sur le temps de travail et l'égalité professionnelle, et revalorisation des bas salaires. La lecture fine des données de l'Insee rappelle enfin que la moyenne ne suffit pas à rendre compte des réalités individuelles : se situer par rapport à la médiane et aux centiles aide à mieux comprendre sa position sur le marché du travail.







