Vice-présidente de l'association Old'Up, un mouvement de retraités qui se définit comme "plus si jeunes, mais pas si vieux!", Martine Gruère partage avec nous ses réflexions sur le monde qui l'entoure. Dans sa chronique, elle s'attaque aux préjugés âgistes et défend l'importance des mots.
Le blaireau et sa symbolique
Le terme "blaireau" revêt une importance particulière pour moi, tout comme pour nos petits-enfants qui visitent notre chalet en Bourgogne. Parmi nos compagnons de nature, on trouve aussi bien les mésanges que les écureuils, mais il est les blaireaux qui occupent une place unique dans notre cœur. Ces animaux mystérieux, rarement aperçus en 40 ans, méritent d'être mentionnés.
Cependant, il m'est devenu de plus en plus difficile de rappeler ce mot "blaireau", une faiblesse que je reconnais comme étant liée à l'âge. J'ai toujours été passionnée par la richesse du vocabulaire, mais trouver ce mot semble désormais un défi. Une petite recherche personnelle m'a aidée à établir l'association d'idées autour de ce terme. Par exemple, le mot "blair" que l’on utilise pour désigner le nez évoque des expressions populaires qui peuvent éclairer mon esprit.
Les enjeux des mots dans notre quotidien
Il y a autre chose à souligner : la notion de "nez" dans notre société. Le nez haut, selon mon expérience familiale, est associé à une certaine noblesse. Oserais-je dire que la position du nez peut influencer notre place parmi les autres ? Dans le célèbre film "Paris, Texas", un homme cherche à renouer le contact avec son fils en ajustant sa posture, symbolisée par la position de son nez. Cela rappelle l'importance des gestes et des mots dans nos interactions.
Il ne s'agit pas que d'un simple mot, mais d'une véritable exploration de notre identité. La forme et la position du nez touchent profondément nos perceptions et notre façon de nous relier aux autres. Ce reflet de notre réalité pose question, sur notre place dans le monde et notre désir d'être vus et entendus.
Redéfinir notre rapport aux mots
Pour les ceux qui ont parfois du mal avec les mots, un léger retour aux théories de Lacan peut s'avérer utile. En transformant le signifiant en signifié, nous pouvons redécouvrir des mots que nous pensions oubliés. Mon travail de mémoire autour du "blaireau" et du "nez en l'air" me confirme que, chaque jour, nous avons l'opportunité de revisiter notre vocabulaire et d'affirmer notre identité à travers les mots qui nous définissent.







