Les Bourses d'Europe ont adopté une attitude prudente mercredi suite à l'annonce de la prolongation de la trêve au Moyen-Orient, qui demeure sans ouverture du détroit d'Ormuz, essentiel pour le commerce mondial.
Les fluctuations des indices reflètent une réponse nuancée aux récents développements politiques, notamment la décision de Donald Trump, ainsi qu'aux résultats décevants de certaines grandes entreprises, notamment dans le secteur technologique.
À 08H00 GMT, Paris affichait une légère baisse de 0,06%, affectée par des résultats trimestriels en deçà des attentes, comme dans le cas de l'indépendant Bureau Veritas, qui chutait de 11,68%, et d'Eurofins Scientific, en recul de près de 9%.
Francfort, quant à elle, a progressé de 0,20%, de même que Milan (+0,16%) et Londres (+0,10%), une place boursière particulièrement influencée par l'évolution des prix du pétrole, qui a connu une baisse après une hausse notable la veille. Le Brent était coté à 98,14 dollars, enregistrant un recul de 0,35%, tandis que le WTI affichait 89,13 dollars (-0,60%).
Les prix du pétrole avaient considérablement augmenté récemment, soutenus par des incertitudes entourant les négociations entre les États-Unis et l'Iran, et par la fragilité du cessez-le-feu. Comme l'a souligné Aurel BCG, le marché reste sous pression.
Ipek Ozkardeskaya, analyste senior chez Swissquote, a averti : "Les réserves d'énergie en Europe se resserrent. Certains estiment que les Européens n'ont plus que quelques semaines de réserves de pétrole et d'énergie".
Alors que le cessez-le-feu semble tenir pour l’instant, l'annonce de Donald Trump n'a pas levé tous les doutes. John Plassard de la Banque privée Cité Gestion a commenté : "Le risque n’a pas disparu, il a simplement été repoussé, laissant les investisseurs dans une zone grise".
Kathleen Brooks, directrice de recherche chez XTB, a ajouté : "Le cessez-le-feu est de nouveau en place, mais cette bonne nouvelle pourrait déjà être intégrée dans les cours. Plus le détroit reste fermé, plus l'inquiétude sur le marché grandit".
En Asie, les indices ont été partagés : le Hang Seng de Hong Kong a chuté de 1,22%, tandis que le Nikkei à Tokyo et le Kospi à Séoul ont progressé respectivement de 0,40% et 0,46%, soutenus par la dynamique du secteur technologique.
Ipek Ozkardeskaya a souligné que le secteur technologique bénéficie d'un regain d'intérêt, alimenté par une demande en intelligence artificielle résiliente, malgré les tensions géopolitiques en cours.
Aux États-Unis, les résultats de Tesla, attendus mercredi, devraient montrer une croissance du chiffre d’affaires d’environ 13 à 17% par rapport à l'année précédente.
Concernant le marché obligataire, les taux demeurent stables malgré une inflation palpable, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient. Au Royaume-Uni, le taux d'inflation a grimpé à 3,3% sur un an en mars, contre 3% le mois précédent, poussant les investisseurs à se prémunir contre l'inflation avec des taux d'intérêts plus élevés sur le marché obligataire.
Mercredi, le taux britannique à dix ans était quasi stationnaire à 4,86%, tandis que le Bund allemand restait autour de 3% et le taux français était de 3,64% contre 3,65% la veille. Emma Wall, cheffe stratégie investissement chez Hargreaves Lansdown, a estimé qu'il est "hautement improbable qu'un seul chiffre d'inflation incite les décideurs à modifier le taux directeur de la Banque d'Angleterre".







