Ce vendredi, le tribunal correctionnel de Saintes a été le théâtre d’une affaire d’escroquerie impliquant une femme et deux ex-concubins, accusés d’avoir soutiré 1,1 million d’euros à l’Anah, l’Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat, à travers le système MaPrimeRénov’. Cependant, le juge a décidé de renvoyer l'affaire, jugée insuffisamment étayée, à la demande des avocats de la défense et des parties civiles.
Ces prévenus sont soupçonnés d’avoir détourné des fonds publics tout en se livrant à des dépenses somptuaires, incluant des voyages à l’étranger et des biens de luxe. Selon Le Parisien, un artisan a dénoncé ce trio, révélant que les devis présentés aux clients étaient basés sur une complaisance malveillante avec des travaux réalisés par des ouvriers non qualifiés. L’avocat de la principale prévenue, âgée de 38 ans, a plaidé l’ambiguïté des responsabilités, pointant que l’identité de ceux réellement enrichis dans le schéma ambigu n’était pas claire.
Vrais devis mais artisans différents
La prévenue, à la tête plusieurs entreprises près de Rochefort, aurait exploité le système MaPrimeRénov’ entre avril 2024 et juillet 2025, en présentant de faux devis à des particuliers séduits par l’idée de ne rien débourser. Des artisans non agréés RGE (Reconnus garants de l’environnement) réalisaient les travaux, permettant ainsi aux escrocs de s’approprier des marges bénéficiaires considérables. Selon le tribunal, les bénéfices nets pouvaient atteindre jusqu’à 47 000 euros dans certains dossiers, ce qui soulève des interrogations sur la régulation du dispositif.
Près de cinquante victimes auraient subi les conséquences de cette tromperie, mais tous n’ont pas porté plainte, certains étant satisfaits des travaux tout en ignorant la supercherie. D’autres, comme Dylan Bourreau et sa compagne, souffrent encore de malfaçons, soulignant les effets désastreux de cette escroquerie. "Les travaux étaient tellement bâclés qu’on aurait fait mieux nous-mêmes", plaisante-t-il, tandis que sa voisine, Mélissa Lacour, se retrouve dans une situation délicate avec une isolation extérieure inachevée.
Travaux inachevés et malfaçons
Les deux complices, âgés de 38 et 41 ans, nient toute responsabilité, évoquant des sentiments et une emprise sur la personne principale, qui, pour sa part, conteste une partie des accusations, mais ne peut ignorer l'ampleur des préjudices causés. L'avocat de la principale accusée souligne que plusieurs chefs d'accusation comme le blanchiment aggravé sont contestés, tandis que l'argent détourné reste introuvable.
Le parquet espérait initialement une résolution rapide, mais il semble que des années d'attente seront nécessaires pour démêler cette affaire. La prochaine audience ne devrait pas avoir lieu avant trois à quatre ans, laissant les parties concernées dans l'incertitude.







