Après avoir échappé à une suspension en première instance, la plateforme de mode Shein retrouve les bancs de la justice le 5 février. En décembre, le tribunal judiciaire de Paris avait rejeté la demande de blocage du gouvernement, considérant la mesure comme "disproportionnée" après le retrait volontaire des produits jugés illicites.
Le gouvernement, insatisfait de cette décision, a décidé d'interjeter appel, arguant que les risques liés à la vente sur la plateforme étaient non seulement répétés, mais également systémiques. Pour appuyer son point de vue, le ministre du Commerce, Serge Papin, a souligné lors d'une déclaration que des produits dangereux, tels que des poupées sexuelles à l'apparence d'enfants et des médicaments interdits, avaient été mis en vente sur le site, suscitant des inquiétudes majeures pour la sécurité publique.
Des experts en droit, notamment ceux du Monde, s'interrogent sur l'impact potentiel de cette vente sur les jeunes consommateurs, tandis que d'autres journalistes mettent en lumière la nécessité d'une surveillance accrue des places de marché en ligne. En effet, la justice a noté qu'un "dommage grave à l'ordre public" pouvait découler de telles pratiques.
En parallèle, Shein a commencé à rouvrir sa marketplace à des vendeurs tiers qualifiés, mais le gouvernement est déterminé à renforcer la régulation des contenus proposés sur le site. Cette situation met en avant une tension entre la flexibilité du commerce en ligne et la protection des consommateurs.
Les 5 février et les mois à venir s'annoncent décisifs pour l'avenir de Shein en France. La société devra se défendre non seulement dans ce cadre judiciaire, mais aussi contre des accusations de concurrence déloyale, portées par des associations de commerçants. Les enjeux se multiplient, et la collision entre commerce électronique et régulation traditionnelle est plus que jamais d'actualité.







