Des travailleurs précaires dans des secteurs comme le bâtiment, la logistique ou la restauration, ainsi que des intermittents du spectacle et des professionnels indépendants, subissent des conséquences dramatiques sur leur qualité de vie et leur santé mentale. Gwenaëlle, une assistante commerciale des Côtes d'Armor, témoigne : "On ne dort pas très bien la nuit, on cogite souvent." Avec un paiement retardé au 12 du mois, elle se retrouve systématiquement à découvert.
Pierre, 55 ans, exerce en tant qu’intérimaire dans le centre de la France. Bien qu'il dispose d'un CDI, il se retrouve confronté à un rythme de travail peu stable. "Mon agence peut me prévenir seulement quatre heures avant une mission, et ils m'ont appelé pour des missions d'à peine deux heures", confie-t-il. Bien qu'il soit logé chez sa cousine, il se heurte à des difficultés pour accéder à un crédit automobile, car les banques privilégient les CDI classiques.
15% des salariés ont un contrat temporaire
Actuellement, 15,2 % des salariés en France occupent un poste temporaire (CDD, intérim, alternance), contre 12,8 % dans l'Union européenne. Selon une étude de l'Unédic, cette proportion atteint 54,7 % chez les jeunes de 15 à 24 ans. En 2024, plus de 45 millions de contrats ont été signés, dont une grande partie est constituée de missions d'intérim et de CDD, faisant des contrats temporaires la norme.
"Le CDI offre une sécurité, alors qu'un CDD accentue le stress", résume Laïla, 23 ans, qui aspire à un futur plus stable.
insécurité sociale durable
Tony Damoiseau, délégué CGT et président du groupe "Aide et Secours" pour Randstad, indique qu'il constate une augmentation des intérimaires se retrouvant dans des situations désespérées. "Les salariés qui dorment dans leur voiture, ça devient de plus en plus fréquent; on en a eu deux au mois de décembre", déclare-t-il.
Le sociologue Nicolas Roux, auteur du livre "La précarité durable. Vivre l'emploi discontinu", souligne des conditions de précarité persistante chez les travailleurs alternant emploi et chômage sur le long terme. Il déclare que le CDD est désormais perçu comme une période d'essai supplémentaire, exacerbée par les réformes de l'assurance chômage qui ont modifié la calculabilité des allocations, pénalisant les parcours discontinus.







