Malgré les prévisions optimistes de nombreux courtiers, qui s'attendaient à une légère hausse des taux en 2026 et à une reprise des volumes de crédits, le conflit au Moyen-Orient complique ces projections. En effet, cette crise engendre une pression inflationniste susceptible de faire grimper les taux d'emprunt, influençant ainsi le marché immobilier, selon des experts comme Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne.
Les taux d'intérêt sont étroitement liés aux obligations assimilables du Trésor (OAT), dont le rendement a connu une augmentation rapide, atteignant 3,93% récemment. En comparaison, les taux de crédit observés au début de mars oscillent entre 3,27 et 3,30% pour des prêts sur 20 ans. Cela peut présager d'un nouveau cycle d'augmentations dans les mois à venir.
Un taux d'usure fixé à 5,19 % pour le deuxième trimestre
La Banque de France a récemment décidé de maintenir le taux d'usure à 5,19 % pour les prêts à taux fixe de 20 ans et plus, une hausse très modérée par rapport au trimestre précédent (5,13 %). Les prêts de 10 à 20 ans voient quant à eux une légère baisse, passant de 4,59 % à 4,48 %.
Cette décision s'inscrit dans une politique monétaire conciliée à celle de la BCE, qui refuse d'augmenter ses taux directeurs malgré l’essor des coûts liés aux énergies. Cette situation soulève des inquiétudes parmi les courtiers concernant un éventuel déséquilibre entre un taux d'usure statique et des taux d’emprunt en forte augmentation.
"Lorsque les taux de crédit montent rapidement, le taux d'usure ne suit pas le même rythme, et cela complique l'accès au crédit," a déclaré Sandrine Allonier, porte-parole de Vousfinancer, au micro des Echos.
Actuellement, la différence entre le taux effectif moyen (3,89 % tous frais compris) et le nouveau taux d'usure est significative (1,34 point). Avec l'imminente hausse des taux directeurs, cet écart pourrait cependant se réduire.
Un "goulet d'étranglement" en 2022
Le contexte actuel rappelle les événements de 2022, où les taux ont grimpé vertigineusement, contraignant les banques à restreindre l'octroi des crédits. À l'époque, les notaires avaient signalé un "goulet d'étranglement" sur le marché immobilier, compliqué par une régulation insuffisante des taux d'usure, forçant des emprunteurs viables à rester sur le carreau.
Alors que les banques tentent d'attirer de nouveaux clients en ce printemps immobilier, l'issue dépendra également de l'évolution de l'inflation, prédite entre 1,7 et 2,5% en 2026 par la Banque de France. Une crise prolongée pourrait annihiler les transactions et ralentir la distribution de nouveaux crédits, mais les primo-accédants, représentant plus de 50 % des nouveaux prêts, restent un espoir pour le marché, soutenus par plusieurs dispositifs d'accès à la propriété.
Il est également à noter que, malgré des taux d'intérêt plus élevés, les prix du marché immobilier semblent s'être stabilisés à des niveaux plus bas qu'avant la crise, poussant certains ménages à agir.







