Jean-Félix Acquaviva, ancien président de la commission d'enquête sur l'assassinat d'Yvan Colonna, exprime ses inquiétudes. Il déplore que l'ordonnance d'accusation concernant Franck Elong Abé, le présumé assassin, exclue toute implication des services français, malgré les nombreuses zones d'ombre identifiées. Cette déclaration fait suite à la publication, le 30 mai 2023, d'un rapport révélant de graves défaillances dans la gestion de la sécurité de Colonna à la prison d'Arles.
Ce rapport, que le média Le Monde a relayé, précité les événements tragiques survenus. Trois ans après le meurtre, les autorités judiciaires ont décidé de renvoyer Franck Elong Abé devant une cour d’assises, l'accusant d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste. L'ordonnance met en avant l'acte isolé d'un détenu radicalisé, qui aurait agi par vengeance, affirmant que Colonna avait blasphémé.
Des doutes inquiétants sur les procédures en place
Acquaviva avance que l'accusation pourrait être influencée par la raison d'État, notant qu'il n’est pas possible d’exclure cette hypothèse au regard du contexte. Il a déclaré : "On ne peut pas exclure l'hypothèse de la raison d'État, en raison des nombreuses zones d'ombre révélées". Les avocats d'Yvan Colonna et de son fils, Ghjuvan Battista, partagent cette inquiétude.
Des éléments troublants émergent. « Le renseignement pénitentiaire a menti entre deux auditions, ce qui est troublant surtout pour un détenu particulièrement signalé (DPS), très rare dans cette prison », ajoute-t-il. Il souligne également que des questions restent en suspens concernant la vidéo enregistrée pendant l'incident et son effacement, des préoccupations qui, selon lui, devraient être clarifiées durant le procès à venir.
Le procès de Franck Elong Abé est prévu dans les mois à venir, et il sera jugé par une cour d'assises spéciale, un événement qui continuera d’alimenter les débats autour de la gestion des affaires liées au terrorisme et à la sécurité des détenus en France.







