Un ostéopathe de 37 ans est jugé pour des viols et agressions sexuelles ayant touché 29 femmes pendant ses consultations. Le procès a débuté ce lundi à Strasbourg et se poursuivra jusqu’au 12 juin devant la cour criminelle du Bas-Rhin.
Présentation de l'ostéopathe
Pierre Garitte, 37 ans, exerçait à Eschau, près de Strasbourg, où il a été apprécié de ses patientes. Depuis quatre ans, il est sous contrôle judiciaire et a été suspendu de ses fonctions.
Les accusations à son encontre
Il est accusé de huit viols digitaux et de 21 agressions sexuelles sans pénétration, toutes commises sous couvert de sa pratique. L’accusation souligne qu’il a abusé de la confiance de ses patientes en orientant ses manipulations vers les zones intimes, comme l’a rapporté Les Dernières Nouvelles d'Alsace.
Un témoignage désigne un cas où, comparant des douleurs à une tendinite, il a mentionné la nécessité de "travailler les chakras de la tête jusqu’au pubis". Dans un autre cas, il aurait manipulé une patiente en lui affirmant qu'il libérait une entité spirituelle de son utérus.
Les victimes
Les enquêteurs ont interrogé les 470 patientes de son fichier médical et identifié 29 femmes, âgées de 23 à 77 ans, dont certaines ont subi ces abus après plusieurs séances.
La défense de l’ostéopathe
Pierre Garitte, lors de sa garde à vue, a d’abord soutenu qu’il ne faisait que des "points de pression". Il a ensuite reconnu certains gestes mais a nié toute intention malveillante, affirmant que ses actes étaient purement thérapeutiques. Cependant, Philippe Sterlingot, président de l'Union pour l'ostéopathie, rappelle que la pratique encadrée par la loi de 2007 interdit expressément tout type de manipulation gynécologique.
Les enjeux du procès
Me Sendegul Aras, avocate de plusieurs victimes, souligne la profondeur de la violence vécue par ces femmes, qui ont fait confiance à un professionnel de santé. Pour Sonia Bisch, présidente de l’association Stop aux violences obstétricales et gynécologiques, cette situation soulève des questions cruciales sur la vulnérabilité des patientes face à de tels abus. Emmanuelle Piet, du Collectif féministe contre le viol, dénonce la manière dont certains professionnels peuvent modifier la perception de leur rôle pour justifier leurs actes. "Le viol ne fait jamais partie du soin", conclut-elle avec fermeté.







