Le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a décrit comme un "tournant décisif" la capture du château historique de Beaufort dans le sud du Liban, et a appelé à élargir la campagne militaire contre le Hezbollah. Pour plusieurs médias internationaux, le cessez-le-feu au Liban n'est plus qu'une illusion.
Dimanche, Nétanyahou a salué “la prise, par l’armée israélienne, du château médiéval de Beaufort ainsi que la conquête de la crête stratégique environnante”, selon le rapport de The Times of Israel. Dans son message vidéo, il a affirmé “que cette conquête marque une étape spectaculaire dans notre politique” et a déclaré sa détermination à “intensifier notre emprise sur les zones contrôlées par le Hezbollah”.
Israël a rapidement intensifié ses actions en multipliant “les frappes et les procédures d’évacuation”, comme l’a noté L’Orient-Le Jour. En effet, l'Etat hébreu semble s'engager vers une escalade militaire significative, bien que des négociations se déroulent en parallèle.
Un rapport de Middle East Eye a indiqué que les dirigeants israéliens envisagent non seulement d’étendre leur offensive au Liban, mais aussi de cibler la capitale, Beyrouth.
Les attaques récentes ont également causé des pertes considérables. À Deir Zahrani, dans le district de Nabatieh, une frappe a tué au moins huit personnes, dont trois femmes, tandis que 19 autres ont été blessées, selon le ministère libanais de la Santé.
Détresse des personnes déplacées
La situation humanitaire au Liban se détériore rapidement. “Le gouvernement libanais peine à s'adapter à cette crise croissante”, rapportait Al-Jazeera, soulignant que près de 80 000 habitants de Tyr étaient sommés de fuir vers le nord. La crise s’amplifie, avec 1,2 million de déplacés supplémentaires déjà affectés par cette guerre.
D'après un article du quotidien espagnol El País, l’escalade israélienne implique des exigences d'évacuation dans des zones représentant près d’un cinquième du pays. La trêve négociée par les États-Unis en avril ne semble plus pertinente, selon Al-Jazeera, qui met en avant des sources diplomatiques suggérant que cette hausse des tensions complique la recherche d'une solution durable.
Les experts s'interrogent également sur l'efficacité de la stratégie israélienne. The New York Times a cité des analystes remettant en question la capacité de la colline fortifiée de Beaufort à protéger les forces israéliennes des attaques de drones du Hezbollah, qui ont déjà causé des pertes significatives. Les critiques de cette offensive commencent à se faire entendre dans plusieurs pays, dont la France, où Emmanuel Macron a exprimé que “rien ne justifie cette escalade majeure”. Paris exige maintenant une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU, prévue pour lundi, selon Ha’Aretz.







