Un aperçu saisissant du cumul d’emplois avance que, bien qu’il ne concerne qu’entre 4 % et 6 % des actifs dans les grandes économies, ce phénomène se stabilise et révèle de profondes transformations du monde du travail.
À l’échelle internationale, le concept de « jobbing » — cumuler un emploi principal avec une activité secondaire — reste minoritaire, mais se développe en Europe où moins de 4 % des actifs, soit environ 9 millions de personnes, sont engagés dans un second emploi. Cependant, les disparités sont marquées : des pays comme les Pays-Bas affichent un taux de 10 %, tandis que certains Etats d’Europe de l’Est n’atteignent même pas 0,5 %.
En Amérique du Nord, les données sont légèrement plus élevées. Aux États-Unis, environ 5,1 % de la population active, soit plus de 8 millions de personnes, cumulent des emplois, tandis qu’au Canada, ce chiffre atteint 5,6 %, représentant environ 1,1 million de travailleurs. L’Australie, quant à elle, se situe entre 6,5 % et 6,7 % pour 2025, affichant une hausse par rapport à la période précédant la pandémie.
Au-delà des chiffres, l'impact économique du cumul d'emplois est notable. Aux États-Unis, les revenus d’un second emploi représentent en moyenne 27,8 % des revenus totaux des personnes pluriactives, illustrant l’importance de cette source de revenus pour plusieurs ménages, selon une étude de l’Institut national de la statistique.
Les services dominent largement
Ce phénomène s’accompagne d'une répartition inégale. Les femmes, les jeunes et les travailleurs à temps partiel sont nettement sur-représentés. Au Canada, par exemple, 9,7 % des travailleurs à temps partiel cumulent des emplois, contrairement à 4,7 % pour les temps complets. Les travailleurs indépendants sont également plus nombreux à se tourner vers le multi-emploi par rapport aux salariés.
En matière de secteurs d’activité, le secteur des services, notamment la santé, l'action sociale et l’hébergement-restauration, tient le haut du pavé. Les seconds emplois y sont souvent de faible charge horaire, généralement inférieurs à 15 heures par semaine.
Par ailleurs, la montée en puissance du travail de plateforme transforme les contours du jobbing. En Europe, des millions de travailleurs sont touchés, souvent en complément d’un emploi principal. Cette nouvelle dynamique renforce la polarisation entre ceux qui choisissent de diversifier leurs revenus et ceux contraints de le faire en raison d’un coût de la vie en constante augmentation.







