Des attaques russes en Ukraine ont tué au moins cinq personnes et causé des dizaines de blessés, a déclaré le président Zelensky, qualifiant mardi de "cynisme absolu" la position de Moscou avant une trêve prévue pour les commémorations de la victoire du 8 mai 1945.
D'après les sources officielles ukrainiennes, les frappes de missiles et de drones ont coûté la vie à trois employés d'une société gazière et à deux secouristes.
La Russie a décrété un cessez-le-feu pour le 8 et 9 mai, en lien avec les célébrations du 81e anniversaire de sa victoire sur les nazis, une date marquée par un grand défilé sur la Place rouge. Pourtant, Moscou a menacé d'une "frappe massive de missiles" sur Kiev si l'Ukraine venait à enfreindre cet armistice.
En réponse, Volodymyr Zelensky a annoncé une trêve à partir de mercredi à minuit, laissant la durée indéterminée, tout en précisant que son pays réagirait "de manière symétrique" à toute violation.
Durant sa visite à Bahreïn, Zelensky a fustigé les attaques récentes, déclarant sur ses réseaux sociaux : "C'est d'un cynisme absolu de réclamer un cessez-le-feu pour organiser des célébrations de propagande, tout en continuant ces frappes chaque jour".
L'analyste politique Volodymyr Fessenko a souligné que l'annonce ukrainienne d'une trêve était une manœuvre tactique sur les plans informationnel et politique. "Si la Russie ne respecte pas notre cessez-le-feu, notre droit à ignorer le sien est justifié. Cela remet en cause l'initiative de Poutine", a-t-il déclaré à l'AFP, en remettant en question la viabilité des cessez-le-feu.
Ces trêves opposées surviennent alors qu'une précédente trêve de 32 heures pour la Pâques orthodoxe a été violée à plusieurs reprises, même si certaines attaques aériennes avaient cessé. L'Ukraine réclame une trêve prolongée pour favoriser des négociations en vue de mettre fin à la guerre, la plus sanglante en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Cependant, Moscou rejette cette demande, indiquant qu'une trêve élargie permettrait à Kiev de renforcer ses défenses et exigeant en préalable la cession de la région de Donetsk, partiellement contrôlée par l'armée russe.
- Bombardements sur les infrastructures gazières -
La nuit dernière, l'armée russe a tiré 11 missiles balistiques et 164 drones sur l'Ukraine selon les rapports de l'armée aérienne ukrainienne, qui a réussi à intercepter un missile et 149 drones. Quatorze cibles ont été touchées, faisant sept victimes, dont quatre dans la région de Poltava, selon le chef de l'administration régionale, Vitaliï Diakivnytch. D'autres pertes ont été recensées dans la région de Kharkiv.
Le directeur général de Naftogaz, Serguiï Koretsky, a indiqué que des sites de production avaient subi de "graves dommages", confirmant la mort de trois employés et de deux secouristes dans ces attaques.
En contrepartie des frappes russes, l'Ukraine a intensifié ses opérations de drones sur le territoire russe, enregistrant des frappes, y compris une qui a endommagé un immeuble résidentiel à Moscou.
Alors que les États-Unis se concentrent davantage sur le conflit au Moyen-Orient, ces nouvelles annonces de cessez-le-feu s'inscrivent dans un contexte où la zone contrôlée par la Russie en Ukraine a diminué pour la première fois depuis l'été 2023, selon l'analyse de l'Institut pour l'étude de la guerre.







