“Le compte à rebours politique est lancé”, rapporte Geeska. À moins d'une semaine du terme du mandat de Hassan Cheikh Mohamud, le président somalien, le pays se retrouve à un >tic tac “tournant décisif” de son histoire, souligne le média.
Le paysage politique somalien est actuellement troublé par des désaccords suite à l'adoption d'une nouvelle constitution le 4 mars, que le gouvernement de Mogadiscio présente comme une “victoire historique”, mais qui est accueillie avec scepticisme par l'opposition. Selon Africanews, ce changement crée un flou sur les modalités d'une élection présidentielle déjà programmée.
“Un nouvel ordre constitutionnel sans consensus sur la manière de le mettre en œuvre, laissant en suspens la question du calendrier et des modalités des élections”, note également The East African.
Des négociations déjà compromises ?
Le nouveau texte proscrit des mandats présidentiels de quatre à cinq ans, prolongeant d'un an le mandat de Mohamud, ce que l'opposition refuse de reconnaître. Le 2 mai, le Somalia’s Future Council, créé en 2025 pour s'opposer au gouvernement fédéral, a averti que dès le 15 mai, Mohamud ne serait plus qu’un “citoyen ordinaire”, rapportent les Hiiran Online.
Dans l'impasse actuelle, le président a convié l'opposition à une réunion consultative pour le 10 mai afin de discuter des modalités électorales. Cependant, peu après l’annonce de cette réunion, l'opposition a émis une déclaration accusant Mohamud de “saper les processus démocratiques” et de “plonger le pays dans une transition politique dangereuse”, selon Geeska.
À l'approche du délai, le gouvernement fédéral a dévoilé un calendrier électoral sur les réseaux sociaux, fixant la date des premières élections au 10 mai. Ce mouvement, qualifié de “controversé”, pourrait nuire davantage aux pourparlers nécessaires pour stabiliser le pays, comme le souligne Geeska.
Le test de l'État du Sud-Ouest
La Commission électorale nationale indépendante de Somalie a déclaré que l'État du Sud-Ouest serait le premier à procéder à des élections locales et parlementaires, suivies des élections à la chambre basse et, finalement, l'élection présidentielle régionale le 23 mai.
Ce scrutin vise à remplacer le président destitué d'État, Abdiaziz Laftagareen, dont le rejet de la réforme constitutionnelle a entraîné une situation tendue, impliquant l'armée fédérale. Les forces fédérales ont d'ailleurs pris le contrôle de la ville de Baidoa, capitale de l'État, une action jugée préoccupante par l'ancien Premier ministre Abdiweli Cheikh Ahmed, qui s'interroge “sur la protection des autres États fédérés”.
Ce climat de tension fait craindre que l'État du Sud-Ouest devienne un véritable “test pour la durabilité des relations fédérales”, comme le souligne The East African.
Face à la menace persistante d'Al-Chabab, le calendrier électoral doit impérativement être respecté. Si aucune solution n'est trouvée avant le 15 mai, le Conseil de l’avenir a menacé de prendre “des mesures responsables pour préserver l’unité et la continuité de l’État”, envisageant la création d’un “gouvernement parallèle”, comme l'indique le Somali Guardian.







