Montpellier rejette le recours contre l'arrêté antimendicité de Carcassonne

La justice a confirmé l'arrêté antimendicité du maire RN de Carcassonne, malgré les contestations.
Montpellier rejette le recours contre l'arrêté antimendicité de Carcassonne
Le tribunal administratif de Montpellier a statué sur le recours déposé par la LDH demandant la suspension de l’arrêté antimendicité du maire RN de Carcassonne. Claude Boyer

Ce mercredi 6 mai 2026, le tribunal administratif de Montpellier a statué sur le recours introduit par la Ligue des droits de l'Homme (LDH) contre l'arrêté antimendicité du maire Rassemblement national de Carcassonne, Christophe Barthès. Cette décision a été rejetée, permettant ainsi à l'arrêté de rester en vigueur.

Dans une petite salle d'audience, Me Mazas, avocate et présidente de la LDH, a souligné que les lois existantes, telles que le code pénal, encadrent déjà la mendicité agressive. "Ces arrêtés pris par des maires sont souvent vagues quant aux horaires et lieux, mais ils s'appliquent aux zones à forte affluence, ce qui est problématique", a-t-elle déclaré.

Elle a poursuivi en affirmant qu'en l'absence d'instructions précises pour les agents municipaux, "on établit un arbitraire qui cible les plus vulnérables". Un représentant du Barreau de rue a également appuyé la demande de suspension, pointant du doigt l'absence de preuves concrètes concernant les 80 incidents allégués dans la ville. "Le tableau des troubles est flou, sans procès-verbaux pour étayer ces affirmations", a-t-il fait remarquer.

Des arguments tangibles en faveur de la décision municipale

De l'autre côté, l'avocat de la ville de Carcassonne a défendu l'arrêté, avançant des éléments mis en avant par les autorités. "Les problèmes d'ordre public sont réels, même si la police nationale refuse de fournir des statistiques", a-t-il expliqué, ajoutant que la ville accueille environ 3 millions de touristes par an. "Il ne s'agit pas d'interdire la mendicité dans son ensemble, mais de réguler certains secteurs", a-t-il précisé.

Face à cette justification, Me Mazas a rétorqué : "La commune vise les plus pauvres en interdisant leur présence dans certains lieux". En dépit des arguments avancés, le tribunal a estimé que l'arrêté n'enfreint pas la loi et a ainsi décidé de ne pas le suspendre, rendant la décision de maintenir l'arrêté conforme.

Le tribunal examinera la question au fond en 2027, laissant les débats ouverts sur cette problématique sociale complexe.

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