Élisabeth Borne fait le choix de la distance avec Renaissance

L'ancienne première ministre s'éloigne de la ligne politique de Gabriel Attal.
Élisabeth Borne fait le choix de la distance avec Renaissance
L’ex-première ministre Élisabeth Borne a confirmé mercredi 5 mai sur France Inter son départ du Conseil national et du bureau exécutif du parti Renaissance, invoquant des divergences avec l’orientation défendue par Gabriel Attal.

L'ancienne première ministre Élisabeth Borne a annoncé son retrait du Conseil national du parti Renaissance ainsi que du bureau exécutif, déclarant ne pas se retrouver dans la ligne adoptée par Gabriel Attal. Malgré cette décision, elle souhaite rester adhérente du parti macroniste.

Borne a souligné sur France Inter : « Je ne me retrouve pas complètement dans la ligne, qui n’est pas forcément débattue au sein de Renaissance. » Elle a décidé de se concentrer sur sa propre initiative, Bâtissons ensemble, et ne participera plus aux instances du parti.

Par ailleurs, Élisabeth Borne prévoit de publier son livre intitulé Réveillons-nous ! (Robert Laffont) et a affirmé son attachement aux valeurs qui ont été portées en 2017. Elle a cependant précisé : « Je ne souhaite pas participer aux instances. »

Cette annonce se fait dans un contexte où Gabriel Attal intensifie ses efforts en vue de la présidentielle de 2027, cherchant à attirer l'attention au détriment d'Édouard Philippe, considéré comme le favori du centre.

L'ancienne ministre avait initialement envisagé de se présenter à la tête de Renaissance en août 2024, mais avait finalement renoncé à sa propre liste en faveur d'un accord avec Attal. Son opposition à certaines orientations du parti a été manifeste, notamment lorsqu'elle a déclaré à La Tribune : « Renaissance, ce n’est pas un parti, c’est l’agence de com de Gabriel Attal. »

Critique d'un pouvoir solitaire

Concernant ses ambitions pour 2027, Borne a précisé : « Ce n’est pas du tout le sens de ma démarche. » Elle a critiqué le style de gouvernance d'Emmanuel Macron, se déclarant opposée à un « pouvoir solitaire et un peu vertical. » Ses désaccords avec les nouvelles directives de Renaissance incluent le respect du droit international et du Conseil constitutionnel, ainsi que des mesures controversées telles que l'interdiction du voile pour les mineures.

Borne n'a pas assisté au dernier bureau exécutif qui préparait les désignations pour l'élection présidentielle. Une source proche du parti a commenté : « Elle aurait pu utiliser le Conseil national pour faire travailler des gens et venir challenger Gabriel avec des propositions de fond, mais elle ne l’a jamais fait. »

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