Narges Mohammadi, récemment couronnée du prix Nobel de la paix 2023, est aujourd'hui décrite par ses proches comme étant "entre la vie et la mort". Ses soutiens ont exprimé alarmes et inquiétudes, soulignant l'urgence d'une intervention médicale.
Âgée de 54 ans, la militante des droits humains a été incarcérée en Iran depuis décembre dernier. Son état de santé s'est gravement détérioré, provoquant deux pertes de conscience complètes et une crise cardiaque, ont rapporté ses défenseurs lors d'une conférence de presse au cours de laquelle ils ont exigé une action immédiate.
Selon le dernier communiqué de sa fondation, Narges Mohammadi a été transférée à l'hôpital de Zanjan, mais son accès à des soins appropriés semble limité. Me Chirinne Ardakani, son avocate, a déclaré : "Nous n’avons jamais eu aussi peur pour la vie de Narges. Nous ne nous battons pas seulement pour sa liberté, mais pour que son cœur continue à battre."
Les préoccupations concernant son état de santé ne sont pas infondées. Me Ardakani a mentionné des cas similaires, citant Liu Xiaobo, lauréat du prix Nobel décédé en détention, et Alexeï Navalny, qui a connu une détérioration inquiétante en prison. Jonathan Dagher, responsable du Moyen-Orient chez Reporters sans frontières (RSF), a également tiré la sonnette d'alarme, insistant sur le besoin d'actions rapides avant qu'il ne soit trop tard.
Un appel à la mobilisation
Ses jumeaux, Ali et Kiana Rahmani, qui ont été récompensés par le prix Nobel en son nom alors qu'elle était derrière les barreaux, n'ont pas vu leur mère depuis plus d'une décennie. Bien qu'ils ne soient pas présents lors de la conférence, une déclaration de Kiana a été lue, dénonçant le traitement inhumain réservé à sa mère : "Elle reçoit des soins minimaux et est constamment sous surveillance".
Appelant le président Emmanuel Macron à adopter une position plus ferme, l'avocate a déclaré : "Nous attendons une réaction forte du président. Ce n'est pas excessif."
En prison, Narges Mohammadi a perdu plus de 20 kg et ne ressemble plus du tout à celle qu'elle était avant son incarcération. Ses soutiens demandent un transfert immédiat à Téhéran pour qu’elle puisse bénéficier de soins médicaux adéquats.
Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, a également joint sa voix à cette cause, affirmant que les autorités iraniennes mettent délibérément sa vie en danger en refusant des soins médicaux appropriés. Elle appelle à une intervention urgente, en soulignant que la "détenue d’opinion" a besoin de soins immédiats.
Arrêtée le 12 décembre à Mashhad après avoir critiqué les autorités lors d'une cérémonie funéraire, Narges Mohammadi a été condamnée à six ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale, ainsi qu'à un an et demi pour propagande contre le régime islamique iranien. Militante ardente contre la peine de mort et les codes vestimentaires imposés, son engagement inébranlable lui a valu des arrestations répétées au cours des vingt-cinq dernières années.







