Narges Mohammadi, récemment récompensée par le prix Nobel de la paix en 2023, traverse une période critique alors qu'elle est détenue en Iran depuis décembre. Ses soutiens déclarent qu'elle risque de mourir si elle ne reçoit pas immédiatement des soins médicaux adéquats, suite à une grave détérioration de sa santé.
Âgée de 54 ans, la militante des droits humains a été transférée au début de mai d'une prison à Zanjan vers un hôpital local après avoir subi "deux épisodes de perte de conscience totale et une crise cardiaque", a rapporté la fondation qui la soutient dans un communiqué.
"Nous n'avons jamais été aussi inquiets pour sa vie, elle peut nous quitter à tout moment", a exprimé son avocate, Me Chirinne Ardakani, lors d'une conférence de presse à Paris. "Nous ne nous battons pas seulement pour sa liberté, mais aussi pour qu'elle continue de vivre", a-t-elle ajouté, en évoquant les cas de dissidents comme Liu Xiaobo et Alexeï Navalny, tous deux morts en prison dans des conditions similaires.
Jonathan Dagher, représentant du Moyen-Orient chez Reporters sans frontières (RSF), a également confirmé la gravité de la situation, déclarant que Mohammadi est "entre la vie et la mort" et appelant à une action rapide avant qu’il ne soit trop tard.
Les jumeaux de Mohammadi, Ali et Kiana Rahmani, qui poursuivent leurs études à Paris et n'ont pas vu leur mère depuis plus d'une décennie, ont reçu le prix Nobel en son nom alors qu'elle était incarcérée. Bien qu'ils n'aient pas pu assister à la conférence, une déclaration de Kiana a été lue, critiquant le peu de soins reçus par leur mère ainsi que sa surveillance constante.
L'avocate a fait appel à Emmanuel Macron pour qu'il adopte une position plus ferme dans cette affaire ; elle considère qu’une telle demande n’est pas excessive. "Nous attendons une réaction forte du président français", a-t-elle déclaré.
La détérioration physique de Mohammadi est alarmante : elle a perdu 20 kg en prison, éprouve des difficultés à s’exprimer et est, selon son avocate, désormais "méconnaissable" par rapport à son état avant son arrestation.
Les soutiens de la militante réclament son transfert à Téhéran où elle pourrait être soignée par son équipe médicale personnelle. Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, a ajouté que la vie de Mohammadi est mise en danger par les autorités iraniennes qui lui infligent des traitements inappropriés et minimaux.
Mohammadi a été condamnée le 12 décembre à Mashhad, après avoir exprimé des critiques contre le régime lors d'une cérémonie funéraire. Elle a déjà été emprisonnée à plusieurs reprises au cours des 25 dernières années pour son engagement contre la peine de mort et les lois vestimentaires strictes qui s’appliquent aux femmes en Iran.







