Narges Mohammadi, la lauréate du prix Nobel de la paix et militante des droits humains, traverse une période critique. Selon son avocate, elle se trouve "entre la vie et la mort" à la suite de son hospitalisation d’urgence le week-end dernier.
Me Chirinne Ardakani a exprimé ses inquiétudes lors d'une conférence de presse à Paris : "Nous n'avons jamais eu aussi peur pour la vie de Narges, il y a des risques qu'elle ne survive pas", a-t-elle déclaré, soulignant que le combat pour sa liberté est également un combat pour sa survie.
Âgée de 54 ans, Mohammadi a été tranférée d'une prison à Zanjan vers un hôpital suite à une détérioration alarmante de sa santé, entraînant notamment des pertes de conscience et une crise cardiaque, a rapporté sa fondation.
Jonathan Dagher, responsable du Moyen-Orient à Reporters sans frontières (RSF), a également exprimé son inquiétude, affirmant que c'est la première fois qu'un tel risque de mort a été communiqué : "Il est essentiel d’agir avant qu'il ne soit trop tard."
Les enfants de Narges, ainsi que son mari, résident à Paris. Me Ardakani a lancé un appel au président Emmanuel Macron pour qu’il agisse avec fermeté sur cette affaire, déclarant que la demande d'une position solide n'est pas excessive.
La condition de Mohammadi est déplorable ; elle a perdu environ 20 kg et sa capacité à s'exprimer est gravement altérée. Ses proches la décrivent comme "méconnaissable" par rapport à son état avant son arrestation, qui date de décembre 2022.
Les soutiens de la militante réclament son transfert à Téhéran pour qu'elle puisse bénéficier des soins de son équipe médicale.
Mohammadi a été arrêtée après avoir dénoncé les autorités religieuses iraniennes. Elle a été condamnée à six ans pour atteinte à la sécurité nationale et un an et demi pour propagande contre le régime islamique. Son engagement contre la peine de mort et le code vestimentaire imposé aux femmes lui a valu, au fil des ans, de nombreuses incarcerations.







