Le candidat de gauche Roberto Sanchez se prépare à affronter Keiko Fujimori au second tour de la présidentielle au Pérou. Ce dernier a vu son avance renforcée malgré des accusations judiciaires qui pourraient mettre en péril sa campagne.
D'après les résultats quasi-définitifs du scrutin ayant eu lieu le 12 avril, Sanchez devance Rafael Lopez Aliaga par environ 18 800 voix, occupant ainsi la deuxième position derrière Fujimori, qui a récolté 17,1% des suffrages. Avec 99,94% des bulletins dépouillés, l'écart entre Sanchez et Lopez Aliaga semble désormais insurmontable, selon l'analyse de Fernando Tuesta, politologue de renom.
Les résultats complets, attendus d'ici quelques jours, ne devraient pas remodeler le paysage électoral, puisque Roberto Sanchez est crédité de 12% des voix contre 11,9% pour Lopez Aliaga. Le second tour est fixé au 7 juin.
"Nous sommes préparés aux défis que notre peuple nous lancera", a commenté Sanchez, en quittant le siège de son parti à Lima, exprimant sa détermination malgré les nuages judiciaires qui l'entourent.
Keiko Fujimori, 50 ans, fille de l'ancien président Alberto Fujimori, est en lice pour la présidence pour la quatrième fois, tandis que Sanchez, âgé de 57 ans, effectue ses débuts dans la politique présidentielle.
Rafael Lopez Aliaga, ancien maire de Lima, a dénoncé des irrégularités dans le processus électoral, évoquant ce qu'il décrit comme un "coup d'État électoral". Des retards dans l’acheminement du matériel électoral ont déjà causé des frustrations, empêchant plus de 50 000 électeurs de voter, conduisant les autorités à prolonger le scrutin d'un jour.
Bien que la mission d'observation de l'Union européenne ait identifié "des défaillances graves" au sein du processus électoral, elle a précisé n’avoir trouvé "aucune preuve objective" de fraude.
Parallèlement, le parquet a requêté une peine de cinq ans et quatre mois de prison contre Sanchez, qui fait face à des accusations de fausse déclaration quant aux apports financiers de son parti, Juntos por le Pérou, entre 2018 et 2020. Des incohérences ont été relevées dans ses rapports financiers, soulevant des questions sur la transparence de ses financements.
D’après le parquet, Sanchez aurait omis de déclarer plus de 57 000 dollars provenant de contributions de membres de son parti pour ses activités politiques. Alors que l'affaire a déjà été partiellement rejetée par les tribunaux, une audience pour déterminer si elle sera renvoyée en procès est prévue pour le 27 mai.
Dans sa défense, Sanchez a affirmé sur les réseaux sociaux avoir été la cible d'une campagne de désinformation à son encontre : "Il n'y a jamais eu de fraude ni de détournement".
Ce scrutin, qui implique plus de 27 millions d'électeurs, se déroule dans un Pérou en proie à l'instabilité politique, ayant connu huit présidents depuis 2016.







