Taty Almeida, figure emblématique de la lutte pour les droits humains en Argentine, est décédée dimanche à l'âge de 95 ans, comme l'a annoncé l'organisation des Mères de la Place de Mai. Son combat, guidé par la quête de justice pour les disparus de la dictature, a marqué l'histoire du pays.
Dans un communiqué émouvant publié sur Instagram, l'organisation a déclaré : "C'est avec une grande tristesse que nous vous annonçons le décès de notre précieuse Taty Almeida, présidente des Mères de la Place de Mai - Ligne fondatrice." Ce groupe est né de la colère des femmes dont les enfants ont été enlevés durant la période sombre de la dictature en Argentine.
Hospitalisée depuis trois semaines à Buenos Aires, la dépouille de Taty Almeida sera exposée dans le quartier d'Once, selon des informations diffusées par ses proches.
Née Lidia Stella Mercedes Miy Uranga le 28 juin 1930, Taty Almeida a été enseignante et s'est mariée en 1953. Elle a eu trois enfants, mais sa vie a pris un tournant tragique en 1975, lorsque son fils Alejandro, un étudiant en médecine de 20 ans et militant de gauche, a disparu.
Alejandro était l'un des 30.000 opposants qui ont disparu sous la répression de la milice de droite Triple A et de la dictature, active en Argentine de 1976 à 1983. Taty n'a jamais pu retrouver le corps de son fils.
En rejoignant les Mères de la Place de Mai en 1979, Taty Almeida s'est engagée aux côtés d'autres femmes, réclamant justice et vérité sur le sort de leurs enfants. Le 30 avril 1977, un groupe de 14 femmes a osé s'opposer à la junte militaire devant le palais présidentiel, défiant courageusement la répression.
Issue d'une famille de militaires, Taty a pris du temps avant de rejoindre le mouvement, craignant d'être perçue comme une espionne. "Une fois dans l'organisation, cela a été une révélation", a-t-elle partagé lors d'une interview avec l'AFP en 2017.
Toujours reconnaissable à son foulard blanc noué sous le cou, Taty a été une présence constante dans les mobilisations et les débats politiques en Argentine.
Récemment, elle s'est opposée fermement aux politiques du président ultralibéral Javier Milei, critiquant son approche concernant la mémoire et la justice. Sa voix a résonné lors des commémorations du 50e anniversaire du coup d'État civilo-militaire, prévu pour mars 2026, soulignant l'importance de son héritage dans la lutte pour les droits humains.







