Dimanche dernier, la population suisse s'est largement exprimée contre une initiative destinée à limiter la population du pays à 10 millions d'habitants, proposée par la droite radicale. Cette mesure a été rejetée par plus de 54% des votants, avec des cantons comme Bâle-Ville (73,48%), Neuchâtel (67,26%) et Genève (65,42%) affichant des scores nettement en faveur du non.
La forte participation au scrutin, atteignant presque 59%, surpasse largement la moyenne habituelle d'environ 49%. Lors d'une conférence de presse, le ministre suisse de la Justice et Police, Beat Jans, a affirmé : "Par leur décision d'aujourd'hui, les citoyennes et citoyens ont donné un signal de stabilité, d'ouverture et de fiabilité".
Proposée par l'Union démocratique du centre (UDC), la première formation politique du pays, cette initiative visait à restreindre l'immigration et à éviter que la population n'excède 10 millions d'habitants d'ici 2050. Actuellement, la Suisse abrite 9,5 millions de personnes, dont plus d'un quart sont des étrangers. Marcel Dettling, leader de l'UDC, a réagi en déclarant : "C'est un dimanche décevant pour nous, mais aussi pour toute la Suisse", en reconnaissant le soutien rencontré dans les zones rurales.
Un rejet signifiant pour l'avenir
La mise en œuvre de cette initiative aurait pu nuire aux relations de la Suisse avec l'Union européenne, son principal partenaire économique. Les responsables politiques, le monde des affaires et divers acteurs sociaux ont exprimé leur satisfaction suite à cette décision. L'Union syndicale suisse a fait savoir : "En rejetant l'initiative de l'UDC, la population suisse a dit non au repli sur soi et à la xénophobie", marquant ainsi un refus évident de régresser vers des politiques discriminatoires du passé. De leur côté, les organisations économiques, telles qu'economiesuisse, ont souligné que, malgré le rejet, les préoccupations sur l'immigration demeurent présentes dans l'esprit de la population.







