Lors de son passage sur RTL, l'ancien journaliste de Canal+, Michel Denisot, a commenté la récente tribune publiée à l'occasion du Festival de Cannes. Celle-ci dénonce l'influence grandissante de Vincent Bolloré, le patron de Canal+, sur le cinéma français.
"Dans cette situation, il n'existe pas d'exemple concret justifiant la lettre ouverte. Bien sûr, je comprends les inquiétudes des 600 professionnels du cinéma qui ont signé ce texte, mais je pense qu'il aurait pu être rédigé différemment", a déclaré Denisot.
Il a souligné que la pétition, bien que compréhensible dans ses préoccupations, semble préventive et ne représente pas la perspective des producteurs. En effet, selon lui, ces derniers dépendent en grande partie des financements offerts par Canal+. "Une approche moins virulente aurait été préférable," a-t-il ajouté.
Les signataires de la pétition s'alarment de l'acquisition par Bolloré d'une part significative d'UGC, le troisième réseau de salles de cinéma en France, redoutant qu'il ne parvienne à un contrôle total d'ici 2028. Cette situation, selon eux, lui donnerait le pouvoir sur l'ensemble du processus cinématographique, du financement à la distribution.
La tribune dénonce également un prétendu "projet civilisationnel" que Bolloré conduirait, décrit comme "réactionnaire d’extrême droite". Les signataires avertissent d'un risque d'uniformisation du cinéma français et d'une influence idéologique dangereuse sur le public.
Il faut que ce soit des deux côtés, une médiation
En réaction à cette tribune, Maxime Saada, le président de Canal+, a immédiatement répondu en annonçant que son réseau ne collaborerait plus avec les signataires. Il a qualifié leurs propos de "crypto-fascistes," affirmant qu'il ne souhaitait pas travailler avec ceux qui l'insultent de la sorte.
Alors que le débat fait rage, Denisot invite à une médiation constructive entre les deux camps pour éviter que le dialogue ne soit rompu.







