Mercredi soir, Belfast a encore été le théâtre de manifestations, où la police a dû déployer un canon à eau pour disperser les foules. Cette seconde nuit de troubles a fait suite à une agression au couteau ayant conduit à l'inculpation d'un réfugié soudanais.
Plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées à différents endroits de la ville, parfois dans un calme relatif. Cependant, des incidents violents ont rapidement éclaté, en particulier dans une rue de Glengormley où les forces de l'ordre ont été la cible de projectiles.
Le lendemain d'une nuit de violences anti-immigrés, le centre de Belfast a connu une atmosphère tendue. En effet, les scenes de violence de la veille avaient suscité une mobilisation policière accrue. Deux nuits de tensions avaient entraîné une réponse ferme des autorités, avec l'annonce de renforts attendus du reste du Royaume-Uni.
Keir Starmer, le Premier ministre britannique, a qualifié les émeutes de "choquantes", tandis que les forces de police ont signalé la propagation de graffitis islamophobes et d'autres messages haineux sur les façades de commerces de la ville.
Une habitante, qui a souhaité rester anonyme, a exprimé sa tristesse face à la situation : "Je vis ici depuis si longtemps, et c'est tout simplement navrant." D'autres résidents ont également exprimé leur incompréhension face à la colère des manifestants, pointant du doigt la généralisation faite sur les étrangers.
Les violences ont été exacerbées par la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo de l'attaque au couteau, illustrant le rôle néfaste des plateformes numériques dans l'attisement des tensions. Naomi Long, ministre nord-irlandaise de l'Intérieur, a dénoncé le "racisme" derrière ces manifestations et a appelé à une prise de conscience collective.
Le suspect, Hadi Alodid, a été présenté à la cour, où il a été accusé de tentative de meurtre. Selon le ministère de l'Intérieur, cet homme de 30 ans, arrivé en Irlande du Nord comme réfugié, avait un titre de séjour valide jusqu'en 2028. On souligne également que ses motivations restent floues, la police écartant pour l'instant l'hypothèse d'un acte terroriste.
Les tensions autour de la politique migratoire ne sont pas nouvelles. Des personnalités politiques de droite comme Nigel Farage et Rupert Lowe ont critiqué les mesures prises par le gouvernement en matière d'immigration, exacerbant un climat déjà volatile. Le passé récent a vu plusieurs épisodes de violence raciste en Irlande du Nord et dans d'autres régions du Royaume-Uni, réitérant la nécessité d'un dialogue urgent sur la question de l'immigration.







