Les assureurs maintiennent leur présence en France, y compris dans les zones à risque, malgré des « tensions » signalées par l'Observatoire de l'assurabilité. Le gouvernement veille à cette situation fragile.
La Caisse centrale de réassurance (CCR) a été chargée par le gouvernement, durant l'été 2024, de mettre en place un Observatoire dédié à l'assurabilité en France. Son rapport, publié le 15 juin 2026, indique que 97,7 % des 35 000 communes n'ont pas de problème d'accès à l'assurance habitation pour les maisons individuelles, avec souvent plus d'une trentaine de compagnies opérant. Néanmoins, l'Observatoire a identifié 903 communes où l'offre est plus limitée : 568 avec une tension « légère » et 335 classées « modérée ».
Ce rapport évalue l'accès à l'assurance multirisques habitation pour les maisons individuelles, croisant des données sur la présence des assureurs à l'échelle communale avec les périls couverts : cyclones, inondations et retrait-gonflement des argiles (RGA), responsable des fissures dans les constructions sur sols argileux.
Les territoires d'outre-mer et les communes moins attractives en difficulté
« Les régions les plus affectées incluent les territoires d'outre-mer, ainsi que certaines petites communes de métropole, qui sont moins attrayantes commercialement », a déclaré Édouard Vieillefond, directeur général de la CCR. Dans l'Hexagone, les tensions se concentrent particulièrement dans l'Est, le Massif central et la Corse, précise le rapport.
La CCR s'apprête à publier une carte interactive indiquant le niveau de tension pour chaque commune.
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, a qualifié le rapport de « rassurant », tout en annonçant le début d'une « mission par l'Inspection générale des finances et de l'Inspection générale de l'administration sur l'étendue de l'assurabilité face au changement climatique dans les Outre-mer, qui proposera des recommandations d'ici la fin de l'année », visant à « identifier des solutions », notamment concernant les risques spécifiques tels que les cyclones, selon des sources gouvernementales.
Les ministres de l'Économie et de la Transition écologique, Monique Barbut, ont aussi annoncé qu'ils évalueraient « tous les cinq ans » le taux de surprime « Cat Nat » et lanceraient des réflexions pour garantir « une juste répartition de la charge du régime entre les assurés ». De plus, le gouvernement envisage de collaborer avec les assureurs et les collectivités pour « renforcer la prévention des risques naturels » et « diminuer la vulnérabilité des logements ».
Vers une pérennisation de l'assurabilité
L'Observatoire, basé sur des données de 2022, sera mis à jour annuellement pour inclure davantage de marchés (appartements, entreprises, collectivités) et périls (submersion marine), en analysant aussi la présence des assureurs dans les zones ayant subi d'importants sinistres. L'objectif est d'éviter que les compagnies d'assurance et réassurance évitent les zones les plus à risque.
« Ce rapport, qui sera renouvelé, nous impose collectivement de veiller à l'assurabilité de nos territoires, ce qui n'est pas une contrainte, mais notre objectif », a souligné la présidente de France assureurs, Florence Lustman. La CCR ne révèle pas les noms des compagnies participant à l'étude, laissant dans l'incertitude la capacité des acteurs à mutualiser les risques à travers le pays.
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