La tranquillité a semblé revenir jeudi à Niamey en milieu de matinée, après un épisode de plusieurs heures marqué par des échanges de tirs à l'entrée de l'aéroport, apparue comme une potentielle attaque jihadiste. Ce scénario rappelle l'incident survenu fin janvier, revendiqué par le groupe État islamique.
Le Niger, sous le contrôle d'une junte depuis près de trois ans, se débat avec une montée continue de la violence jihadiste. La récente agression avait déjà visé l'aéroport de la capitale ainsi qu'une base militaire proche, mais avait été contenue par les forces armées nigériennes avec le soutien d'alliés, parmi lesquels figurent des militaires russes.
Un habitant du quartier a rapporté à l'AFP : "J'ai entendu des coups de feu dès 6 heures du matin. Les tirs provenaient de l'entrée principale de l'aéroport, évoquant une attaque terroriste." D'autres résidents ont confirmé que les tirs semblaient émaner d'un poste de contrôle, créant une ambiance de terreur dans la zone.
Vers 10 heures, le calme semblait revenir, bien que certains habitants affirment que des assaillants étaient encore présents à proximité. Les militaires ont mené des opérations de recherche dans les quartiers adjacents, avec le concours de la population locale qui tentait de repousser les agresseurs avec des armes improvisées.
Le renforcement du dispositif de sécurité aux abords de l'aéroport a été noté par plusieurs témoins. "Arrivés près de l'aéroport, des militaires m'ont informé qu'aucun vol ne pouvait avoir lieu," a rapporté un voyageur.
L'incident est survenu moins de six mois après l'affrontement du 29 janvier, qui avait marqué un tournant dans la sécurité aérienne du Niger, laissant quatre blessés et causant de lourds dégâts. L'aéroport a également été le point de transit d'une cargaison de concentré d'uranium restante dans ce contexte de tensions.
Le général Abdourahamane Tiani, à la tête du régime militaire depuis le coup d'État de juillet 2023, a reconnu une "faille" dans les dispositifs de sécurité qui aurait permis l'attaque, dont l'objectif affiché était de détruire les capacités aériennes de l'armée nigérienne.
Parallèlement à ces incidents, le régime a intensifié sa campagne de démolition de quartiers autour de l'aéroport pour prévenir toute nouvelle offensive. Des mesures de sécurité strictes ont également été mises en place : un mur de clôture renforcé et plus de 350 caméras de surveillance ont été installées, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'aéroport.
Le Niger, confronté aux attaques jihadistes depuis plusieurs années, ne brille pas dans sa lutte contre des groupes tels que l'État islamique et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM). Ce dernier a récemment frappé violemment le Mali voisin, aggravant l'inquiétude dans la région.
Le gouvernement militaire, après avoir renversé le président élu Mohamed Bazoum, peine à inverser la tendance d'une insécurité grandissante, malgré sa volonté de se distancier de la France, qu'il accuse de complicité avec les jihadistes. En quête de nouveaux alliés, le Niger s'oriente vers des partenaires jugés plus fiables comme la Russie, la Turquie ou l'Iran.







