Invité ce jeudi 18 juin, l'ancien ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti s'exprime pour la première fois sur le triste sort de Lyhanna, une collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers. La tragédie a suscité de vives réactions, notamment des appels pressants pour l'adoption d'une loi intégrale visant à renforcer la lutte contre les violences sexistes et sexuelles touchant femmes et enfants.
Dupond-Moretti dénonce la surenchère de la classe politique à ce sujet, déclarant que des partis tels que LFI, le PS, LR et le RN ne font que jouer sur la démagogie. Il critique particulièrement un projet de Marine Le Pen visant à recruter 18.000 magistrats, une promesse qu'il juge irréaliste. "Mais où peut-on trouver tous ces magistrats ? Il faut sept ans pour former un professionnel dans ce domaine. Les écoles sont déjà pleines", s'est-il exclamé.
Étonné par les critiques formulées, l'ancien ministre souligne que, alors que LFI clame des manques de moyens alloués à la justice, ils n'ont jamais voté en faveur des budgets proposés par le gouvernement auquel il a appartenu. Selon lui, ces attaques relèvent davantage de la volonté de certains partis d'utiliser le tragique événement à des fins politiques, illustrant ainsi un "chic" au sein du RN pour "se servir du cadavre d'une petite fille comme d'un marchepied".
Un vrai danger
Éric Dupond-Moretti a ainsi appelé à faire preuve de responsabilité, en notant que le désespoir suscité par des tragédies comme celle-ci ne devrait pas être instrumentalisé à des fins politiques. La réponse politique à l'horreur est essentielle, mais elle doit se faire avec respect et pragmatisme.
Alors que le débat autour de la sécurité et des violences sexuelles continue, les réflexions de Dupond-Moretti apportent un éclairage sur la complexité des enjeux en matière de politique judiciaire en France.







