"Mais que fait notre gouvernement?" À Washington, des rescapés de catastrophes telles que des inondations, des canicules, des incendies et des ouragans se rassemblent pour dénoncer l'inaction face au changement climatique, alors que le pays célèbre bientôt son 250e anniversaire.
Gayle Nicholls-Ali, 69 ans, témoigne avec amertume : "On pensait qu'on nous protégerait, mais pas du tout." Sa maison a été réduite en cendres lors des incendies dévastateurs de Los Angeles en début 2025, et un an plus tard, elle se débat encore dans les complexités administratives pour reconstruire sa vie.
Leur rassemblement, orchestré par l'organisation "Extreme Weather Survivors", regroupe près de 70 personnes issues de divers horizons — républicains, démocrates, jeunes adultes et retraités. Chacun porte une empreinte indélébile laissée par des désastres naturels.
Kylie Nidever, 36 ans, sourit à travers les larmes en partageant son vécu. Son quartier au Texas a été dévasté l'an dernier par des inondations tragiques, entraînant la perte de nombreuses vies, notamment d'enfants. "On ne penserait pas qu'une personne ayant survécu à une inondation et une autre à un incendie aient des points communs, mais c'est pourtant le cas", confie-t-elle.
Les récits partagés au cours des échanges témoignent d'un sentiment de négligence par les autorités, face à un manque criant de soutien lors des secours. Une femme parmi eux s'emporte : "Comment répondez-vous aux gens qui disent que ce sont simplement des aléas météo? Personnellement, j'ai juste envie de les gifler!"
Tous s'accordent à dire que ce traumatisme collectif est amplifié par la prise de conscience que le changement climatique rend ces événements plus fréquents et dévastateurs. Selon Climate Central, la fréquence des catastrophes impliquant des pertes de plus d'un milliard de dollars est passée d'une tous les 2,7 mois à une toutes les deux semaines au cours des dix dernières années.
Sierra Lindsey Kos, co-fondatrice de l'association, s'interroge : "Si la reconstruction prend des années et que ces événements continuent de se multiplier, quelles en seront les conséquences pour notre pays?" Cette inquiétude est d'autant plus prégnante dans un contexte où l'ancien président Donald Trump a mis un frein à la recherche climatique et aux programmes de prévention.
Jessica Calix, 41 ans, qui vit dans une caravane après avoir perdu sa maison dans une inondation, souligne : "Nous devons continuer à redoubler d'efforts, car à ce stade, nous sommes tous en danger." Le groupe espère donc mobiliser l'opinion publique pour pousser les décideurs à agir.
Amy Dishion, dont le mari est décédé à 32 ans d'un coup de chaleur, rappelle : "Nous ne pouvons pas changer ce qui a déjà eu lieu, mais nous pouvons développer notre résilience et ne pas faire l'autruche pour éviter que le pire ne se produise."







