Après avoir été expulsées du Pakistan vers Kaboul, Herawy, 80 ans, et Zamani, 47 ans, se retrouvent confrontées à la menace des talibans. Leur famille résidant dans les Pyrénées-Atlantiques avait engagé toutes les démarches pour leur obtenir un visa humanitaire, pourtant légalement dû, mais le gouvernement français a maintenu un silence assourdissant concernant le motif de refus.
En avril dernier, lors d'une rafle, ces femmes, appartenant à la minorité chiite, ont dû fuir le Pakistan où elles avaient trouvé refuge. Leur exil, marqué par la clandestinité à Islamabad pendant près de trois ans, s’est brutalement terminé avec leur retour en Afghanistan. Selon un article de Sud Ouest, leur famille avait sollicité un visa d'asile, une demande qui a été rejetée sans explication.
Pour Me Lionel Bounan, l'avocat de la famille, cette situation est d’une gravité inacceptable. "Elles sont en danger de mort et tout le monde s’en désintéresse", déplore-t-il. Les décisions de la Cour nationale du droit d'asile stipulent que toute femme afghane, en raison de la situation actuelle, devrait automatiquement bénéficier d’un droit d'asile. Pourtant, malgré cette jurisprudence, leur demande a été ignorée.
Leur famille en France, incluant des membres bien intégrés et stables sur le plan professionnel, ne comprend pas cette décision. Jérémie, 26 ans, un des membres de la famille, exprime son désespoir : "Nous avons tout fait pour leur donner les meilleures conditions de vie et de sécurité. Comment est-il possible qu’elles soient renvoyées là-bas, alors que leur vie est menacée ?" Il rappelle que sa propre famille a déjà souffert de la brutalité des talibans, avec des proches assassinés pour avoir défié le régime.
Les autorités françaises, à travers les ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur, restent muettes sur les raisons précises du refus. L'avocat Bounan a tenté d'obtenir des explications, tout comme la députée Colette Capdevielle, qui a également contacté le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sans obtenir de réponse satisfaisante.
La situation est d’autant plus préoccupante qu’elle souligne un paradoxe dans la politique française concernant la protection des femmes afghanes. Colette Capdevielle souligne : "Cette affaire soulève des questions cruciales sur les engagements pris par la France pour protéger les Afghanes menacées de persécution.\"
Alors que l’angoisse grandit pour Herawy et Zamani, leur famille en France ne peut que prier pour que la clémence du régime taliban prévale. L'espoir de chaque jour qui passe est devenu une lourde attente, assombrie par le spectre de la violence qui les entoure. Les prochains mois seront cruciaux pour ces femmes, et l’absence de soutien efficace pourrait donner lieu à des conséquences tragiques. Les voix de législateurs et de défenseurs des droits humains continuent de s’élever, mais le système semble rester sourd.







