L'esclavage sexuel et les viols collectifs en Éthiopie : des témoignages dévastateurs

Des témoignages tragiques émergent d'Éthiopie, où les violences sexuelles font rage.
L'esclavage sexuel et les viols collectifs en Éthiopie : des témoignages dévastateurs
Deux femmes réfugiées à Mekele, la capitale de Tigré, en Éthiopie. Le conflit, depuis 2018 entre le groupe Armée de libération oromo (OLA) et l’armée fédérale a déplacé plus de 103 000 personnes du Kelem Welega. Amnesty International a pu s’entreteni

Amnesty International a publié, le 6 mars, un rapport bouleversant qui expose les récits de dix femmes victimes de viols en Éthiopie. Dans le cadre du conflit qui oppose l'Armée de libération oromo (OLA) et les forces fédérales, ces femmes ont subi des crimes sexistes d'une ampleur alarmante.

Alors que la situation politique et humanitaire en Éthiopie devient de plus en plus dramatique, Amnesty dévoile des témoignages rares. L'organisation a pu s'entretenir avec dix survivantes, dont sept étaient mineures au moment des crimes, et a analysé leurs dossiers médicaux. Tous ces récits souligne une même souffrance, condensée dans le titre du rapport : « Personne n’est venu à mon secours. »

Les victimes proviennent des districts de Sayo et Anfillo, situés dans le Kelem Welega, une région déjà gravement affectée par la guerre qui sévit depuis 2018. Plus de 103 000 habitants ont été déplacés à la suite des attaques sur les civils, selon l'ONU.

« Nous allons te tuer »

Les résultats de l'enquête d'Amnesty mettent en lumière l'ampleur des atrocités. Neuf des dix victimes ont survécu aux violences imposées par des membres de l'OLA, tandis qu'une autre a subi l'agression d'un soldat de la Force de défense nationale éthiopienne (ENDF). Cinq d'entre elles ont été soumises à la fois à l'esclavage sexuel et à des viols collectifs. Notamment, sept femmes étaient mineures lors des événements traumatiques. Trois d'entre elles étaient encore âgées de 17 ans lors des récits recueillis en 2025.

Hela, par exemple, raconte avoir été séquestrée et violée pendant une semaine par des combattants de l'OLA en 2022. Ses agresseurs lui assuraient : « Nous ne savons pas ce que tu feras après ton retour chez toi, alors nous allons te tuer. » Son sauvetage ne fut dû qu'à un combattant qui connaissait Hela.

De même, Anisa a été victime d'esclavage sexuel à la fin de 2024. Elle a été entraînée dans la brousse où elle a subi des violences collectives avant d’être ramenée chez elle. Les soldats ne sont revenus que lorsque sa grossesse est devenue visible. Deux survivantes ont révélé à Amnesty qu'elles étaient tombées enceintes suite à ces atrocités.

Amnesty International souligne qu'après cinq ans de souffrances, ces femmes continuent de subir des problèmes de santé liés à leurs blessures. L'organisation indique également qu'elles ont non seulement perdu leurs moyens de subsistance, mais ont également basculé dans la pauvreté, tandis que leurs corps demeurent marqués par une violence inouïe.

« Ils se relayaient »

Lalistu, une mère de quatre enfants, a vu son existence brisée en 2020 lorsque des membres de l'OLA ont exigé la remise de sa fille de 12 ans. Après avoir refusé, son compagnon a été tué et elle, ainsi que sa fille, ont été enlevées. Pendant trois semaines, elles furent détenues, enfermées dans une grotte, où « quinze hommes ont violé mon enfant et moi. Ils se relayaient. »

La situation en Éthiopie s'est détériorée après une courte période d'ouverture en 2018. À partir de 2020, le conflit dans le Tigré a entraîné une explosion des violences et des exactions. Les autorités éthiopiennes ont restreint les libertés et l'accès aux zones de conflit aux enquêteurs internationaux et aux journalistes, permettant ainsi des massacres en toute impunité. Les survivantes que l'ONG a interrogées ont identifié leurs agresseurs comme étant des membres de l’OLA, dont treize noms ont été transmis à Amnesty, qui aspire à poursuivre ses efforts d'enquête et à dénoncer ces pratiques ignobles.

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