Les récentes nouvelles concernant l'état de santé de Mojtaba Khamenei, le guide suprême iranien, soulèvent des questions cruciales sur la gouvernance en Iran. Interviewé sur la chaîne "La Matinale", Joseph Maïla, professeur de géopolitique à l'ESSEC et expert du Moyen-Orient, s'est penché sur cette situation complexe.
Mais qui détient réellement le pouvoir en Iran de nos jours ? Joseph Maïla explique que la structure du pouvoir dans le pays ne ressemble en rien à celle d'une hiérarchie religieuse unique. Il déclare : "Ce n'est pas le Vatican, il n'y a pas une autorité centrale religieuse." Il évoque également les figures clés, notamment Mojtaba Khamenei, et souligne l'importance de deux personnages essentiels dans la configuration actuelle : Ali Larijani, président du Conseil suprême de la Sécurité, et Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement.
Jean-Baptiste Marteau : Récemment, le fils du président iranien a confirmé que Mojtaba Khamenei avait été blessé, ce qui a suscité de vives inquiétudes concernant sa santé. Est-il possible que cela impacte la continuité du pouvoir en Iran ?
Joseph Maïla : Si Mojtaba était effectivement décédé, cela bouleverserait l'équilibre du pouvoir. La continuité pourrait être remise en question, ce qui soulève de nouvelles dynamiques de lutte pour l'autorité.
Des rumeurs circulent à Téhéran, propagent des doutes sur la santé du guide suprême, certains affirmant même qu'il pourrait être décédé. La situation conduit à des spéculations sur la possibilité d'une réunion de la Commission des experts, essentielle pour désigner un successeur. Mais le maintien de l'illusion d'une autorité vivante pourrait également être une stratégie.
Les rapports relèvent que le pouvoir semble échapper à Mojtaba. Il est étroitement lié aux pasdaran, mais Maïla insiste sur le fait que deux figures dominent réellement la scène politique actuellement. Les tensions et les luttes d'influence sont palpables et pourraient entraîner des répercussions à l'échelle régionale.
Joseph Maïla fait également allusion à l'absence d'un dialogue diplomatique significatif à l'heure actuelle, en opposition à des tentatives passées de rétablir des relations. "Les pasdaran ont réussi à centraliser le commandement, mais le jeu de pouvoir est loin d'être stabilisé," ajoute-t-il.
Cette instabilité politique pourrait déboucher sur des contestations religieuses et régionales, puisque l'autorité religieuse en Iran est loin d'être unifiée. Le pays compte entre 12 et 13 ayatollahs ayant chacun leur influence, rendant la situation politique encore plus complexe.
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